14 mars 2014 / 07:48 / il y a 4 ans

Vivendi préfère l'offre de Numericable sur SFR, dit Montebourg

Les dirigeants de Vivendi, qui réunit vendredi un conseil de surveillance sur l'avenir de sa filiale SFR, préfèrent l'offre de rachat déposée par Numericable, au détriment de Bouygues, a déclaré vendredi Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif. La transaction pourrait chambouler le paysage du troisième plus gros marché des télécoms en Europe. /Photo prise le 7 mars 2014/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Arnaud Montebourg a estimé vendredi que les dirigeants de Vivendi souhaitaient céder SFR, la filiale de télécoms du conglomérat français, au câblo-opérateur Numericable plutôt qu‘au groupe Bouygues.

Toutefois, pour le ministre du Redressement productif, une vente de SFR à Numericable, détenue par l‘homme d‘affaires Patrick Drahi, poserait des problèmes de concurrence sur le marché du câble, ainsi que des problèmes fiscaux.

“J‘ai cru comprendre que les dirigeants de Vivendi ont décidé coûte que coûte de vendre SFR à Numericable”, a déclaré le ministre sur la radio Europe 1.

“Il y a un problème fiscal puisque Numericable a une holding à Luxembourg, son entreprise (de Patrick Drahi, ndlr) est cotée à la Bourse d‘Amsterdam et sa participation personnelle est à Guernesey et que lui-même réside en Suisse”, a ajouté Arnaud Montebourg qui n‘a jamais caché sa préférence pour l‘offre concurrente de Bouygues.

Vivendi réunit ce vendredi un conseil de surveillance décisif pour examiner les deux offres déposées pour le rachat de sa filiale de téléphonie fixe et mobile SFR, une transaction qui pourrait chambouler le paysage du troisième plus gros marché des télécoms en Europe.

“‎Le Conseil se réunit aujourd’hui et décidera”, a déclaré un porte-parole de Vivendi, interrogé à la suite des déclarations d‘Arnaud Montebourg, qui ont dopé le cours de Numericable à l‘ouverture de la Bourse de Paris.

Vers 9h20, le titre Numericable gagnait en effet 4,5% tandis que les titres Bouygues et Iliad cédaient respectivement 2% et 3%.

Dans la bataille qu‘ils se livrent pour mettre la main sur le numéro deux français de la téléphonie mobile, le groupe de BTP et de communication Bouygues et le câblo-opérateur Numericable ont chacun relevé au dernier moment leur offre.

Il appartient désormais au conseil de surveillance de Vivendi d‘imaginer quelle recomposition sera la plus favorable en misant dans un cas sur la convergence entre le mobile et le fixe, une tendance de fond en Europe, ou, dans l‘autre, sur un paysage réduit à trois acteurs dans le mobile mais avec le risque d‘engendrer un “Super Free”.

Les discussions se dérouleront sous la houlette de Jean-René Fourtou, président du conseil de surveillance, et de Vincent Bolloré, son successeur. Et la réunion pourrait déboucher sur l‘entrée en négociations exclusives avec l‘un des deux candidats.

OFFRES RELEVÉES

Vivendi, qui entend sortir du marché des télécoms pour se recentrer sur les médias, pourrait tout aussi bien décider d‘abandonner la vente de sa filiale pour poursuivre son projet d‘introduction en Bourse de SFR tel qu‘initialement envisagé l‘an dernier.

Bouygues, qui espère marier SFR à sa filiale Bouygues Telecom pour créer un nouveau numéro un français du mobile et détrôner l‘opérateur historique Orange, propose désormais de verser à Vivendi 11,3 milliards d‘euros en numéraire et de donner au conglomérat français une participation de 43% dans le nouvel ensemble contre 46% précédemment.

Selon plusieurs sources proches du dossier, Numericable aurait de son côté relevé de 850 millions d‘euros la partie en cash de son offre. Le câblo-opérateur offrait jusque-là 10,9 milliards d‘euros en numéraire et 32% de l‘entité combinée.

Le montant du volet en numéraire des offres ainsi que la possibilité pour Vivendi de se désengager facilement et rapidement des télécoms font partie des éléments qui seront déterminants pour la prise de contrôle de SFR.

Pour atténuer les probables réticences de l‘Autorité de la concurrence, Bouygues propose en effet un accord clef en main avec le groupe Iliad, maison-mère de Free, auquel il vendrait la totalité de son réseau et des fréquences mobiles, ce qui lui permettrait de récupérer jusqu‘à 1,8 milliard d‘euros.

Avec Marine Pennetier, John Irish et Leila Abboud, édité par Jean-Michel Bélot

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