Free s'invite dans la cour des grands

lundi 10 mars 2014 15h49
 

par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Pour 1,8 milliard d'euros, Free, la filiale mobile d'Iliad, est en passe de changer de division en s'offrant à moindre coût un réseau et un portefeuille de fréquences qui lui permettront d'aller rapidement talonner les leaders, si toutefois la fusion entre SFR et Bouygues Telecom aboutit.

Le groupe de Xavier Niel, qui a pris tout le monde de court en pactisant pendant le week-end avec son grand rival Bouygues, apparaît désormais comme le mieux placé pour tirer parti de la recomposition en marche du secteur des télécoms, ce que la Bourse a salué en portant lundi son action à un plus haut historique.

Bouygues Telecom a annoncé dimanche qu'il prévoyait de vendre à Iliad la totalité de ses 15.000 antennes ainsi qu'une grande partie de ses fréquences mobiles, espérant faire la différence dans le duel qui l'oppose à Numericable pour mettre la main sur la filiale de Vivendi, SFR.

"On nous donne les outils pour aller se battre contre deux monstres", a déclaré Xavier Niel en faisant référence au possible duo Bouygues-SFR et à Orange dont les chiffres d'affaires avoisineraient 15 milliards d'euros.

"Nous ferons quatre milliards d'euros et nous n'aurons qu'un seul but : devenir plus gros qu'eux", a-t-il ajouté en se livrant à un véritable plaidoyer pour l'offre de Bouygues, la plus favorable selon lui pour le marché, pour l'emploi, pour le consommateur et pour la France.

L'opération, qui est conditionnée à la possibilité pour Bouygues de prendre le contrôle de SFR, permettrait en effet à Free de faire un bond en avant en termes de couverture en intégrant la totalité du réseau que Bouygues a patiemment bâti depuis 20 ans en investissant des milliards d'euros.

L'opérateur, qui mettrait aussi la main sur les précieuses fréquences de son rival en 2,3 et 4G, aurait le double avantage de réduire la facture de l'itinérance qu'il verse à Orange, estimée par les analystes autour de 700 millions d'euros par an, et d'améliorer son offre en matière de 4G, le très haut débit mobile.

"Cet accord nous permettra clairement d'accélérer notre indépendance et continuer à jouer le rôle de 'maverick'", a expliqué le directeur financier Thomas Reynaud. Il a rappelé que l'opération, si elle se concrétisait, prendrait du temps et ne serait sans doute pas totalement achevée avant l'été 2016.   Suite...

 
Les dirigeants d'Iliad lors de la présentation des résultats du groupe à Paris. Pour 1,8 milliard d'euros, Free est en passe de changer de division en s'offrant à moindre coût un réseau et un portefeuille de fréquences qui lui permettront d'aller rapidement talonner les leaders, si toutefois la fusion entre SFR et Bouygues Telecom aboutit. /Photo prise le 10 mars 2014/REUTERS/Jacky Naegelen