Fitch détaille les avantages d'une fusion de SFR

vendredi 7 mars 2014 17h12
 

LONDRES (Reuters) - Le profil de crédit de Vivendi profiterait plus d'une fusion de sa filiale télécoms SFR en acceptant l'une des deux offres en lice que d'une scission, autre option envisagée par le conglomérat français, estime l'agence Fitch Ratings vendredi.

Bouygues propose à Vivendi 10,5 milliards d'euros en numéraire et une participation de 46% dans l'ensemble constitué de Bouygues Telecom et SFR, qui serait ensuite mis en Bourse.

Bouygues, qui détiendrait 49% du capital de la nouvelle société, estime en outre à 10 milliards d'euros les synergies potentielles du rapprochement. Il fait donc valoir que son offre valorise SFR à 19 milliards d'euros après synergies (14,5 milliards avant synergies).

Selon des sources proches des négociations, l'offre concurrente de Numericable, filiale d'Altice, est de 11 milliards d'euros en numéraire, assortie d'une participation de 32% de Vivendi dans la nouvelle société, un projet qui valoriserait SFR à 14,75 milliards d'euros avant synergies.

Pour Orange, une fusion entre SFR et Bouygues Telecom serait meilleure qu'un rapprochement entre SFR et Numericable, ajoute Fitch.

L'activité mobile d'Orange a subi fortement la guerre des prix qui fait rage en France depuis un an et demi et "une réduction du nombre d'opérateurs mobiles, ramené de quatre à trois, pourrait atténuer l'intensité de la concurrence, non seulement dans le mobile mais dans le marché de la téléphonie fixe en France".

L'agence souligne cependant que les incertitudes entourant les deux offres sont considérables. Elle observe que du point de vue de la concurrence, une fusion SFR-Numericable passerait mieux car le câblo-opérateur n'est pas un opérateur de réseau mobile.

"Dans tous les cas, nous pensons qu'il faudra peut-être de neuf à douze mois aux régulateurs pour donner leur feu vert", écrit Fitch Ratings.

Ces offres de rapprochement interviennent alors que la Commission européenne est près de boucler l'examen de la consolidation mobile qui se produit en Allemagne et en Irlande. "Dans la mesure où les deux transactions SFR potentielles impliquent des sociétés françaises, il se peut que la Commission n'ait pas prise légale sur elles, laissant le soin aux autorités de la concurrence française de se prononcer", observe-t-elle.   Suite...

 
Le siège de SFR à Saint-Denis, en banlieue parisienne. L'agence de notation Fitch Ratings estime que le profil de crédit de Vivendi profiterait plus d'une fusion de SFR, sa filiale télécoms, en acceptant l'une des deux offres en lice que d'une scission, autre option envisagée. /Photo prise le 7 mars 2014/REUTERS/Charles Platiau