Londres aurait espionné les webcams d'utilisateurs de Yahoo

jeudi 27 février 2014 22h56
 

LONDRES (Reuters) - Les services de renseignement électronique britanniques (Government Communications Headquarters, GCHQ) ont intercepté pendant des années les images de millions d'utilisateurs de Yahoo dans le monde, via les caméras intégrées aux ordinateurs, affirme jeudi le Guardian.

Le GCHQ conserve toujours dans ses archives des images ainsi piratées, certaines ayant un caractère sexuellement explicite, ajoute le quotidien britannique.

Des dossiers du GCHQ entre 2008 et 2010, transmis au journal par Edward Snowden, ancien consultant de la National Security Agency (NSA) américaine, montrent que ce programme de surveillance, baptisé "Optic Nerve", consistait à sauvegarder une image toutes les cinq minutes, prise au hasard dans les conversations par "webcam" d'utilisateurs de Yahoo.

"Optic Nerve" était toujours opérationnel en 2012, affirme le Guardian. Officielement, ce programme secret visait à expérimenter la reconnaissance faciale automatique afin de surveiller des suspects potentiels de terrorisme ou à en identifier d'autres.

Le quotidien britannique ajoute que l'utilisation des données ainsi recueilies se faisait grâce à un outil informatique fourni par la NSA.

Rien qu'en six mois en 2008, des images auraient ainsi été "volées" à plus de 1,8 million d'utilisateurs de Yahoo dans le monde.

Un responsable du GCHQ s'est refusé jeudi à tout commentaire.

Pour sa part, Yahoo a déclaré n'avoir jamais eu connaissance de ces pratiques. "Si c'est vrai, ce serait une violation tout à fait inacceptable de la vie privée de nos utilisateurs, à une échelle totalement nouvelle", a souligné dans un courriel la porte-parole du portail internet, Suzanne Philion.

(Julia Fioretti; Guy Kerivel pour le service français)

 
Les services de renseignement électronique britanniques (Government Communications Headquarters, GCHQ) ont intercepté pendant des années les images de millions d'utilisateurs de Yahoo dans le monde, via les caméras intégrées aux ordinateurs, selon le Guardian. /Photo d'archives/REUTERS