23 juin 2008 / 06:48 / il y a 9 ans

PAI Partners fait un retour surprise au capital d'Atos Origin

par Julien Toyer

PARIS (Reuters) - PAI Partners fait un retour surprise dans le capital d'Atos Origin avec pour ambition déclarée de soutenir le développement de la société de services et d'ingénierie informatique (SSII) et de réaliser le plan de transformation mis en place par la direction.

L'entrée du groupe de capital investissement dans Atos, à hauteur de 17,9%, traduit, selon une source proche du dossier, "un rééquilibrage des forces au sein de l'actionnariat et du conseil de surveillance" de la SSII et "ne peut être que bien ressenti par la direction".

Contacté par Reuters, Atos Origin, qui sort d'un bras de fer avec les fonds activistes Centaurus et Pardus (23% du capital ensemble), jusqu'ici ses principaux actionnaires, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Dominique Mégret et Bertrand Meunier, respectivement président et membre du comité exécutif de PAI, ont déclaré à Reuters que la volonté de leur groupe n'était pas de prendre le contrôle de la société mais de s'engager à moyen terme aux côtés de sa direction.

"Nous connaissons très bien cette société car nous en avons été l'actionnaire fondateur, en 1997 lors de la fusion d'Axime et de Sligos. Nous en avons ensuite détenu 100% jusqu'à son introduction en Bourse et avons encouragé sa fusion avec Origin qui a donné naissance à Atos Origin en 2000", ont-il rappelé.

Ils ont ajouté qu'ils souhaitaient que le plan de transformation élaboré par le management d'Atos, mais critiqué par Pardus et Centaurus, soit complètement réalisé.

Après des mois d'échanges vifs qui ont culminé avec l'interruption en mai de l'assemblée générale annuelle d'Atos, la direction et ces deux fonds activistes sont parvenus à un compromis sur la représentation de ces derniers au conseil de surveillance, dont le président, Didier Cherpitel, s'est retiré.

RAPPORT DE FORCE MODIFIÉ

PAI Partners a dit qu'il demanderait "très rapidement" à être représenté au conseil et à participer au comité stratégique de la SSII, créé après l'accord entre les deux parties mi-juin.

"Il est plus que possible que nous demandions à participer au comité stratégique. Nous parlerons avec le conseil de notre représentation (...) dans moins d'une semaine", a dit Dominique Mégret.

Le conseil de surveillance d'Atos, qui a déjà coopté après l'AG du 12 juin son président actuel Jean-Philippe Thierry, président des AGF, a la possibilité technique de coopter deux membres supplémentaires. Il doit pour cela voter sur les éventuelles candidatures à une majorité des deux-tiers.

Pardus et Centaurus possèdent chacun un représentant dans ce conseil qui a pour mission de procéder à un réexamen de la stratégie du groupe.

"PAI Partners est désormais le premier actionnaire d'Atos et a une légitimité évidente à entrer au conseil de surveillance", a dit à Reuters une source proche de la SSII.

"L'irruption de PAI au capital est un événement majeur, qui crée un élément de clivage au sein du conseil et forcera les fonds à se positionner par rapport à l'engagement de moyen terme, à quatre ou cinq ans, pris par PAI aux côtés de la direction d'Atos", a-t-elle ajouté.

"Pardus semble ne pas vouloir s'engager sur une telle période. Mais qu'en est-il de Centaurus ? Tout est possible".

LE TITRE FLAMBE

Selon des sources de marché, le groupe de capital investissement a acquis ses titres via la société de Bourse Exane BNP Paribas. Un bloc d'environ cinq millions d'actions a changé de mains hors marché jeudi soir et deux autres de 3,91 millions et 3,478 millions vendredi matin, tous au prix unitaire de 39,00 euros par action. L'ensemble de l'opération a coûté ainsi environ 490 millions d'euros à PAI Partners.

Ce dernier a indiqué avoir dépassé les seuils de 5%, 10% et 15% jeudi soir et n'avoir acheté "aucun titre" à Pardus et Centaurus, avec qui il n'a "pas discuté les termes de l'intervention dans la société".

Concernant les quelque 5% du capital acquis récemment par la Deutsche Bank, PAI a dit avoir acheté "certains de ces titres" mais a précisé qu'il ne possédait pas d'actions d'Atos lors des AG des 22 mai et 12 juin.

Le groupe a également déclaré que, sauf modifications significatives de la situation d'Atos ou de son environnement, il n'envisageait pas d'agir de concert avec un tiers. Il n'a pas non plus exclu de continuer à se renforcer au capital d'Atos.

L'action Atos a été dopée par ces annonces, gagnant 6,52% à 39,20 euros vers 15h45. Plus de 2,5% du capital de la SSII avaient changé de mains en début d'après-midi.

Selon Laurent Daure, analyste chez Landsbanki Kepler, "PAI sera une troisième voix indépendante et son entrée ne renforce pas l'aspect spéculatif du titre Atos à court terme".

Pour lui, "ce qui est intéressant, c'est que les fonds de 'private equity' s'aperçoivent qu'ils ne peuvent pas obtenir les rendements exigés en achetant des sociétés entières, pour des raisons de valorisation et de financement. Ils prennent donc des participations minoritaires dans le but de dégager par la suite une plus-value".

Julien Toyer, avec Yann Le Guernigou, Tim Hepher et Juliette Rouillon, édité par Jacques Poznanski

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