13 juin 2008 / 06:39 / il y a 9 ans

Vivendi demande à l'Etat d'agir sur France Télécom

<p>Selon le pr&eacute;sident du directoire de Vivendi Jean-Bernard L&eacute;vy, le groupe de m&eacute;dias serait pr&ecirc;t &agrave; &eacute;tudier le dossier de rachat de Digital+, filiale de t&eacute;l&eacute;vision &agrave; p&eacute;age de l'espagnol Prisa, si celui-ci lui parvenait. /Photo d'archives/REUTERS/Beno&icirc;t Tessier</p>

PARIS (Reuters) - L‘Etat doit s‘attaquer à la rente excessive dont dispose France Télécom dans les télécommunications, déclare Jean-Bernard Lévy, président du directoire de Vivendi.

Dans un entretien à paraître vendredi dans le quotidien Les Echos, il estime également que les pouvoirs publics devraient intervenir si France Télécom, qui se développe dans la télévision mobile avec Orange, réservait ses contenus à ses seuls clients.

“Ce serait très inquiétant, et les pouvoirs publics devraient intervenir. Cela signifierait qu‘il faudra changer d‘opérateur ADSL ou mobile pour accéder à certains contenus”, souligne-t-il, ajoutant que SFR, la filiale mobile de Vivendi, a demandé à avoir accès aux chaînes d‘Orange.

“En cas de refus, nous en tirerons les conséquences juridiques”, poursuit Jean-Bernard Lévy, dont le groupe contrôle également la chaîne cryptée Canal+.

Il juge “préoccupant” le bilan de la situation dans les télécommunications fixes, toujours dominées dans l‘Hexagone par France Télécom.

“France Télécom accapare 85% de la marge générée, ne laissant que 15% à ses deux concurrents. Comment peuvent-ils investir dans ces conditions ?”, déclare Jean-Bernard Lévy.

Selon lui, “les pouvoirs publics doivent s‘attaquer à la rente excessive dont dispose France Télécom, grâce à l‘abonnement et au dégroupage”, qui permet l‘ouverture du réseau téléphonique local à la concurrence.

“Cette rente est d‘autant plus injustifiée que le réseau est amorti depuis longtemps”, ajoute-t-il.

INTÉRÊT POUR L‘ESPAGNOL DIGITAL+

Le président de Vivendi a indiqué également qu‘il serait prêt à étudier le dossier de rachat de Digital+, filiale de télévision par satellite de l‘espagnol Prisa, si celui-ci lui parvenait.

“Si nous recevions le dossier, nous le regarderions avec intérêt”, a-t-il dit. “Nous avons toujours dit que nous étudierons les opportunités qui se présentent dans nos métiers et dans les pays voisins, avec notre discipline financière habituelle”, a-t-il ajouté.

Le groupe Prisa, qui édite entre autres le journal “El Pais”, a annoncé le mois dernier envisager la cession, totale ou partielle, de Digital+, qui propose, outre les chaînes du bouquet Canal+ Espagne, une offre “triple-play” télévision-internet-téléphone.

Jean-Bernard Lévy a par ailleurs indiqué que Vivendi n‘avait pas de projet de racheter le flottant de Canal+, ajoutant que les difficultés actuelles du marché publicitaire avaient un impact “quasi-nul” sur la chaîne cryptée.

Concernant la prise de contrôle du groupe de jeux vidéo Activision, dont il détiendra en juillet 52% du capital, il confirme que Vivendi lancera ensuite comme prévu une offre sur la moitié du flottant, à un cours de 27,50 dollars.

Si l‘offre était souscrite intégralement, Vivendi pourrait ainsi monter à 68% du capital d‘Activision.

Toutefois, souligne Jean-Bernard Lévy, “aujourd‘hui l‘action Activision se négocie autour de 34 dollars, donc il est possible que très peu de titres soient apportés à notre offre. Dans ce cas, nous n‘aurions sans doute pas besoin de lever de l‘argent via l‘augmentation de capital que nous avions évoquée”.

Julien Toyer et Jean-Michel Bélot, édité par Marc Angrand

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