Le P-DG d'Alcatel-Lucent France tente de rassurer les salariés

jeudi 12 juin 2008 17h41
 

par Guillaume Frouin

ORVAULT, Loire-Atlantique (Reuters) - Confrontés comme le reste du groupe à un second plan social en deux ans, les ingénieurs de l'établissement Alcatel-Lucent de Orvault (Loire-Atlantique) ont reçu pour la première fois la visite du nouveau P-DG de la filiale française de l'équipementier télécoms, venu leur délivrer "un message d'avenir".

"Le site va devenir un pôle d'excellence au niveau mondial, dans le domaine des réseaux de quatrième génération", a expliqué à Reuters Olivier Baujard, arrivé en février à la tête d'Alcatel-Lucent France.

Une centaine de postes vont ainsi être créés d'ici à la fin de l'année pour développer le WiMax (internet sans fil à haut débit) et le LTE - le futur "ADSL sans fil" - sur l'établissement d'Orvault, qui en a perdu 142 lors de ses deux plans sociaux successifs.

"Les collègues ont été beaucoup perturbés par les plans de restructuration ; ces frustrations, il vaut mieux les admettre que les nier», a déclaré le P-DG d'Alcatel-Lucent France. "Mais il n'y a pas d'autre plan dans les tuyaux. Et on va tout faire pour qu'il n'y en ait plus, en se repositionnant sur les secteurs d'avenir."

"Le climat social s'est apaisé", reconnaît de son côté Marc Lohézic, délégué syndical CFDT de l'établissement d'Orvault.

"L'arrivée de ces nouvelles activités sur Orvault est intéressante, surtout si l'avenir d'Alcatel dans les télécoms passe par là", estime le syndicaliste. "Aujourd'hui, il y a de l'espoir chez les salariés, mais pas un espoir béat : ils se demandent s'il ne va pas y avoir un nouveau plan social en fin d'année, comme Patricia Russo (directrice générale d'Alcatel-Lucent, ndlr) en a pris l'habitude."

Olivier Baujard a entamé un "tour de France" des différents sites d'Alcatel-Lucent. Après avoir visité ceux de la région parisienne, il se rendra vendredi à Rennes sur celui de Saint-Grégoire (130 employés), puis début juillet sur celui de Lannion (Côtes d'Armor), qui compte 1.100 salariés.

L'établissement d'Orvault, qui comprend les sites de Saint-Grégoire et Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), compte 722 salariés. Le site de Cesson-Sévigné (45 employés) est appelé à fermer. Au total, le groupe Alcatel-Lucent compte 72.000 employés.

Au printemps 2007, alors que la campagne des élections présidentielles battait son plein, le plan de restructuration d'Alcatel-Lucent avait illustré les craintes de délocalisation de la recherche et développement française dans les pays émergents.

Édité par Jean-Michel Bélot

 
<p>Confront&eacute;s comme le reste du groupe &agrave; un second plan social en deux ans, les ing&eacute;nieurs de l'&eacute;tablissement Alcatel-Lucent d'Orvault (Loire-Atlantique) ont re&ccedil;u pour la premi&egrave;re fois la visite du nouveau P-DG de la filiale fran&ccedil;aise de l'&eacute;quipementier t&eacute;l&eacute;coms, Olivier Baujard, venu leur d&eacute;livrer "un message d'avenir". /Photo d'archives/REUTERS/Beno&icirc;t Tessier</p>