September 18, 2008 / 1:31 PM / in 9 years

La crise financière, nouveau coup dur pour la téléphonie mobile

5 MINUTES DE LECTURE

<p>Jim Balsillie, co-directeur g&eacute;n&eacute;ral de Research In Motion (RIM), fabricant du Blackberry Bold. Selon les analystes, les fabricants de t&eacute;l&eacute;phones portables et les op&eacute;rateurs t&eacute;l&eacute;coms risquent de perdre plusieurs milliers de leurs clients les plus rentables &agrave; la suite des secousses que la crise du cr&eacute;dit provoque dans le secteur bancaire." /Photo prise le 18 septembre 2008/Punit Paranjpe</p>

par Tarmo Virki

HELSINKI (Reuters) - Les fabricants de téléphones portables et les opérateurs télécoms risquent de perdre plusieurs milliers de leurs clients les plus rentables à la suite des secousses que la crise du crédit provoque dans le secteur bancaire.

Les analystes soulignent que RIM, le constructeur du Blackberry, est le groupe dont la destinée est la plus liée à celle de Wall Street.

Dans le pire des scénarios agité cette semaine par le gouverneur de New York David Paterson, 40.000 personnes perdraient leur travail dans le sillage de la faillite du groupe Lehman et des profondes difficultés que connaissent d'autres grands noms du secteur financier.

"RIM semble probablement le plus exposé à tout risque de baisse de ce segment", commente Neil Mawston, analyste chez Strategy Analytics. Selon lui, Palm, HTC et HP risquent de ne pas être épargnés eux non plus.

Les fabricants de combinés sont déjà engagés dans une course farouche aux parts de marché alors que la demande ralentit aux États-Unis et en Europe, conséquence de la dégradation des perspectives économiques.

Subventions a La Rescousse

Les opérateurs ont commencé à réagir en modifiant leur politique de subventions et en déplaçant celles-ci vers les modèles haut-de-gamme, espérant ainsi capter les clients qui ne se contentent pas de téléphoner mais qui dépensent le plus en surfant aussi sur internet et en consultant régulièrement leurs e-mails.

"En Amérique du Nord, ils ciblent maintenant tout particulièrement les combinés permettant d'accéder à beaucoup de données", constate Carolina Milanesi, analyste chez Gartner.

Selon des prévisions, le marché mondial de la téléphonie mobile devrait toutefois parvenir cette année à croître de l'ordre de 10%, mais grâce surtout au boom persistant de la demande en combinés d'entrée de gamme sur les marchés émergents comme la Chine ou l'Inde.

En ce qui concerne les marchés plus matures, 2008 se soldera au mieux par une très légère croissance. Gartner observe qu'au premier semestre, les ventes de téléphones ont fortement baissé en Europe de l'ouest.

Les subventions des combinés par les opérateurs, un argument commercial clé pour les ventes sur les marchés plus anciens, ont légèrement décliné en Europe de l'ouest et augmenté lentement en Amérique du Nord, souligne de son côté Crédit suisse.

"Mais une redistribution substantielle est engagée, et 45% de ces subventions sont maintenant destinées aux 'smartphones', soit 20 points de pourcentage de plus qu'il y a 18 mois", ajoute la banque suisse, précisant au passage que cette évolution pénalisera probablement les volumes de vente des combinés d'entrée de gamme.

RIM, qui a commercialisé 5,6 millions de Blackberry le trimestre dernier, a réussi ces dernières années à élargir sa base de fidèles au-delà des banquiers de Wall Street, mais 40% de ses nouveaux abonnés étaient toujours des employés de grandes entreprises au cours des trois derniers mois.

"Aussi graves que soient les difficultés économiques, vous connaissez combien de personnes qui ont renoncé à leur mobile ?", a lancé jeudi le directeur général adjoint de RIM, Jim Balsille, à l'occasion du lancement en Inde du BlackBerry Bold.

"Mais il est clair qu'à partir d'un certain point, il y aura certainement un impact", a-t-il ajouté. Balsille a refusé de dire s'il maintenait ses objectifs pour le trimestre en cours ou le reste de l'exercice.

Le géant de la téléphonie mobile Nokia mise de son côté depuis plusieurs années sur des gains de parts de marché dans l'internet mobile, mais n'a vendu que deux millions de téléphones professionnels de la gamme E-series au deuxième trimestre, soit moins de 2% de son volume total de vente.

"La gamme E-series de Nokia peine depuis un an à prendre de l'élan", souligne Mawston. "Et ce ne sont pas les secousses actuelles du secteur financier qui devraient l'aider."

Rina Chandran, version française Gilles Guillaume

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