Le conseil d'Atos hostile aux résolutions de Centaurus et Pardus

mercredi 16 avril 2008 08h31
 

PARIS (Reuters) - Atos annonce qu'il demandera à ses actionnaires de voter contre les résolutions soumises par les fonds Centaurus et Pardus lors de l'assemblée générale du 22 mai prochain.

Dans un communiqué confirmant une information de source proche du dossier publiée mardi par Reuters, la SSII indique que son conseil de surveillance a pris cette décision après que son comité des nominations a rencontré les candidats proposés par les deux fonds.

Ceux-ci, qui détiennent de concert 21,67% d'Atos, veulent la révocation du président du conseil de surveillance et réclament un changement de stratégie du groupe.

Outre deux de leurs représentants, Behdad Alizadeh et Benoît d'Angelin, Centaurus et Pardus proposent pour le conseil de surveillance les candidatures de trois personnalités présentées comme indépendantes, Colette Neuville, Michel Combes et surtout Bernard Bourigeaud, le fondateur et ancien président d'Atos, qui a quitté le groupe l'an passé.

Le communiqué souligne que le comité des nominations n'a pu rencontrer Bernard Bourigeaud, "qui n'a pas souhaité expliquer les motivations de sa candidature".

Le conseil de surveillance "a estimé qu'aucun des trois candidats externes ne présente, à des titres différents, les garanties d'indépendance à l'égard de Pardus Capital Management ou de Centaurus Capital qui seraient de nature à exclure que la démarche concertée de ces deux fonds vise à une prise de contrôle, de fait et sans prime, de la société", indique Atos.

S'agissant des deux candidats des fonds, il rappelle que le conseil avait estimé en décembre "qu'il était a priori légitime qu'un actionnaire stable majeur demande à être représenté en son sein, sauf en présence d'agissements déloyaux ou de tentatives de déstabilisation".

"Toutefois, le conseil a constaté qu'il n'a jamais été possible d'obtenir de la part des fonds eux-mêmes le moindre accord sur ces principes élémentaires inhérents à toute candidature à un mandat social, que cela soit avant ou après la procédure secrète que, de concert, ils ont initiée auprès du président du tribunal de commerce de Nanterre à fins d'obtenir la révocation du directoire et du conseil de surveillance.

"En conséquence, le conseil de surveillance a décidé de recommander aux actionnaires de voter contre l'ensemble de ces résolutions, ce dont le directoire a unanimement pris acte en décidant, dès lors, de ne pas agréer ces projets", conclut le communiqué.

Yann Le Guernigou