A force de manquer ses cibles, Yahoo en est devenu une

lundi 4 février 2008 15h22
 

par Eric Auchard

SAN FRANCISCO (Reuters) - La brève histoire de Yahoo, l'un des pionniers de l'internet grand public, est jalonnée d'erreurs stratégiques qui lui laissent peu de marge de manoeuvres face à l'offre d'achat de près de 45 milliards de dollars (30 milliards d'euros) présentée vendredi par Microsoft.

Depuis sa création il y a 14 ans, Yahoo, alors l'un des premiers grands annuaires de sites du Web, a cherché à se développer dans des dizaines d'activités différentes, du courrier électronique à la publicité professionnelle.

Mais nombre de ces projets n'ont pas abouti et le groupe n'a pas su se démarquer du modèle des "portails", rapidement devenu obsolète.

Certains l'ont déjà oublié, mais Yahoo a été l'un des premiers grands d'internet à se lancer dans les sites communautaires, popularisés depuis par MySpace et Facebook, ces réseaux qui permettent aux internautes de correspondre et de partager textes, musique et vidéo avec des proches ou des inconnus du monde entier.

Yahoo a souvent promis de changer, sans toujours tenir parole. Et le groupe se trouve aujourd'hui confronté à un choix cornélien: se laisser avaler par Microsoft ou demander la protection de Google.

Cette situation est en partie l'héritage laissé par son ancien patron Terry Semel qui, entre 2001 et la mi-2007, a conduit la "résurrection" du groupe après l'éclatement de la bulle internet, principalement en le développant sur le marché publicitaire. Mais la diversification dans le divertissement a été nettement moins réussie, au point que Yahoo supprime aujourd'hui des emplois, tandis que Google recrute.

"Yahoo se trouve acculé parce qu'il a laissé passer des acquisitions incontournables", estime Jordan Rohan, analyste de RBC. "Il a eu l'occasion d'acheter Google mais il ne l'a pas fait; il aurait pu acheter Facebook pour quelques milliards de dollars à peine et il ne l'a pas fait."

Microsoft ne se prive pas de souligner ces faiblesses: dans une lettre au conseil d'administration de sa cible, le directeur général de Microsoft, Steve Ballmer, explique que Semel a rejeté il y a un an une première proposition de rapprochement en arguant de ses projets de réformes et du potentiel de la nouvelle offre publicitaire de Yahoo, baptisée Panama, susceptible selon lui de rivaliser avec Google.   Suite...

 
<p>La br&egrave;ve histoire de Yahoo, l'un des pionniers de l'internet grand public, est jalonn&eacute;e d'erreurs strat&eacute;giques qui lui laissent peu de marge de manoeuvres face &agrave; l'offre d'achat de pr&egrave;s de 45 milliards de dollars (30 milliards d'euros) pr&eacute;sent&eacute;e vendredi par Microsoft. /Photo prise le 9 janvier 2007/REUTERS/Steve Marcus</p>