14 mai 2008 / 05:41 / il y a 9 ans

Consolidation en vue dans les SSII après le rachat d'EDS par HP

par Sumeet Chatterjee et Tiffany Wu

BANGALORE/NEW YORK (Reuters) - Le rachat annoncé d'Electronic Data Systems par Hewlett-Packard devrait déclencher une vague de consolidation dans le secteur mondial de l'externalisation des services technologiques, des concurrents plus petits cherchant à rester dans la course.

Des analystes estiment que les sociétés de services informatiques (SSII) indiennes Infosys, Tata Consultancy Services, Wipro et Cognizant Technology Solutions pourraient à présent devoir rechercher des acquisitions pour concurrencer le nouvel ensemble HP-EDS et dynamiser la croissance de leur bénéfice.

"Des groupes comme Infosys et Wipro sont sous pression, leurs concurrents comme IBM et Accenture ayant vraiment appris à être compétitifs même dans une économie atone", estime Avinash Vashistha, P-DG du cabinet d'études spécialisé Tholons.

"Cette fusion (...) ne fera qu'empirer leur situation en créant un troisième grand concurrent", ajoute-t-il. "Ils doivent à présent impérativement procéder à des acquisitions pour combler les lacunes dans leur portefeuille de services et avoir une empreinte globale."

Le groupe américain Hewlett-Packard a officialisé mardi une offre d'achat amicale de 12,6 milliards de dollars sur son compatriote Electronic Data Systems, dans un contexte de forte concurrence avec IBM, leader de ce marché.

HP, premier fabricant mondial d'ordinateurs personnels, propose 25 dollars par action EDS, soit une prime de 33% par rapport à la clôture du titre vendredi.

Le groupe indique que cette acquisition lui permettra de multiplier par plus de deux son chiffre d'affaires dans les services, qui était de $16,6 milliards lors de l'exercice 2007.

UN MARCHE DE 748 MILLIARDS DE DOLLARS

Le marché mondial des services informatiques à crû de 10,5% à $748 milliards en 2007, selon le cabinet d'études Gartner.

IBM était le leader avec une part de marché de 7,2%, devant EDS (3,0%) et HP était cinquième avec 2,2%.

Des analystes jugent que les acteurs indiens du secteur, déjà confrontés à la faible croissance de leurs bénéfices en raison du ralentissement de leur premier marché, les Etats-Unis, et de hausses de coûts de leur activités en Inde, pourraient à présent rechercher des acquisitions en Amérique et en Europe.

Les quatre grandes SSII indiennes ont réalisé un bénéfice trimestriel inférieur aux attentes, avec des prévisions de résultats prudentes, alors que IBM et Accenture ont eux amélioré leur performance et leurs objectifs.

Des rumeurs ont circulé l'année dernière sur une offre éventuelle de rachat de la première SSII européenne, le français Capgemini, de la part de l'indien Infosys, dont la capitalisation boursière atteint $24 milliards, ou de celle de son plus petit concurrent Wipro. Mais toutes les sociétés concernées ont démenti ces rumeurs.

"Les groupes indiens du secteur pourraient ne pas être capables de digérer un grand groupe mais ils sont assurément concentrés sur des proies de petite et moyenne taille pour accéder à certains services spécifiques, comme le conseil, où ils n'ont pas réussi à s'imposer", estime Vashistha.

"Ils n'ont aucune chance de réaliser cela et de concurrencer sur plan de la croissance organique des acteurs comme IBM, Accenture, ou la future entité HP et EDS", ajoute-t-il.

Les grandes SSII ne sont elles-mêmes pas considérées comme des cibles faciles de rachat. Wipro et Satyam sont contrôlés par un actionnariat familial, alors que TCS est détenu en majorité par le groupe familial Tata et Infosys par des fondateurs.

UNE MENACE POUR IBM?

"IBM est actuellement deux fois plus gros que son premier concurrent dans les services informatiques. Nous assistons à une réduction marquée de cet écart", observe Allie Young, analyste chez Gartner. "IBM n'a pas été tant menacé que cela depuis longtemps."

Les branches combinées de services informatiques de HP et RDS réalisent un CA annuel de plus de $38 milliards, précisent les deux groupes, alors que celui d'IBM dans le secteur était de $54,1 milliards l'année dernière.

"Un effet de taille est bon pour maîtriser les coûts et éventuellement pour les clients", estime Chad Hersh, analyste du cabinet d'études spécialisé Novarica. "Avec de si grands groupes, les plus petits clients pourraient être perdus mais je pensent qu'ils recherchent les vrais grands acteurs (...)".

En avril dernier, EDS a fait état d'une baisse de 62% au premier trimestre de son résultat, qui a néanmoins dépassé les attentes de Wall Street.

Les analystes jugent qu'EDS est confronté à une forte concurrence de groupes indiens et voient peu de catalyseurs de croissance pour l'américain.

Version française Stanislas Dembinski

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