AT&T a-t-il fait une mauvaise affaire sur l'iPhone d'Apple ?

mercredi 11 juin 2008 23h27
 

par Sinead Carew

NEW YORK (Reuters) - Apple a-t-il récidivé ? Après avoir dicté ses tarifs de vente pour la musique en ligne davantage en fonction de son agenda que de celui de l'industrie du disque, le fabricant de l'iPod vient de conclure un accord sur l'iPhone avec l'opérateur AT&T qui pourrait lui permettre de faire la même chose sur le marché de la téléphonie mobile.

La décision d'AT&T de subventionner la vente du nouvel iPhone va très certainement faire grossir la clientèle du premier opérateur américain et doper ses revenus tirés des transferts de données, comme la navigation sur l'internet mobile. Mais en retour, le groupe de téléphonie paraît prendre dans cette affaire un risque bien plus grand qu'Apple.

La version 3G de l'iPhone sortira sur le marché américain le 11 juillet au prix de 199 dollars (128 euros) pour le modèle à 8 gigaoctets, et 299 dollars (192 euros) pour le double de mémoire.

Au lieu de reverser à Apple une part des revenus liés aux services optionnels de transferts de données, comme c'était le cas pour la première version du combiné à la pomme, AT&T va supporter une partie du prix de vente de chaque iPhone, entre 200 et 500 dollars (entre 128 et 321 euros) selon les estimations des analystes.

AT&T a annoncé que cette subvention, conçue pour doper le volume de ventes, réduirait de 10 à 12 cents (6 à 7 centimes d'euro) son bénéfice par action en 2008 et 2009.

Apple, d'un autre côté, devrait voir son bénéfice baisser seulement de 3 cents par action (2 centimes d'euro), selon certaines estimations, le groupe de Cupertino intégrant la fin de la rente mensuelle versée par AT&T.

Même si le nouvel accord, faisant augurer une augmentation du nombre de clients mobiles dans un marché en ralentissement, a été applaudi, les investisseurs ont revu à la baisse l'action AT&T et les analystes ont dit craindre que ces réductions inhabituelles dans les bénéfices ne signalent de trop fortes concessions de la part de l'opérateur.

"Nous pensons qu'AT&T prend un risque plus grand que celui que lui faisait courir le précédent accord", écrit dans une note Michael McCormack, analyste chez JPMorgan. "Nous nous demandons dans quelle mesure l'exclusivité de la vente d'un combiné doit justifier un impact financier aussi dramatique, alors que d'autres opérateurs ne l'ont pas jugé nécessaire."   Suite...

 
<p>Steve Jobs pr&eacute;sente le nouvel iPhone d'Apple. Les analystes estiment que la d&eacute;cision d'AT&amp;T de subventionner la vente de l'iPhone 3G va tr&egrave;s certainement faire grossir la client&egrave;le du premier op&eacute;rateur am&eacute;ricain et doper ses revenus mais qu'en retour, AT&amp;T para&icirc;t avoir pris dans cette affaire un risque bien plus grand qu'Apple. /Photo prise le 9 juin 2008/REUTERS/Kimberly White</p>