La stratégie de Telecom Italia contestée par des minoritaires

vendredi 11 avril 2008 17h21
 

MILAN (Reuters) - La stratégie mise en place par l'administrateur délégué Franco Bernabe fera de Telecom Italia un acteur de seconde zone dans le secteur des télécommunications en Europe, voire une simple division de l'espagnol Telefonica, estiment certains actionnaires et analystes avant l'assemblée générale annuelle de lundi.

Lorsque le nouveau patron de l'opérateur italien, Franco Bernabe, a présenté le 7 mars un projet d'entreprise fondé à la fois sur le désendettement de l'entreprise et sur un renforcement de sa présence à l'international (Brésil, Allemagne, Argentine), le titre de l'opérateur a chuté pour tomber à un plus bas de dix ans.

"Telecom Italia n'a aucune ambition", a déclaré Nicola Nunziata, analyste chez JC & Associati, notant que les grands concurrents européens du groupe investissaient des milliards dans de nouvelles technologies alors que l'opérateur italien n'avait prévu que 810 millions sur trois ans pour moderniser son réseau de fibres optiques.

La famille Fossati, qui est monté à 4,45% du capital et qui s'est prononcé en faveur d'une fusion avec Telefonica d'ici 2011, devrait une nouvelle fois réclamer deux sièges au conseil de l'entreprise lors de l'AG.

Le géant espagnol détient directement 18% de Telecom Italia via sa présence dans Telco, une holding qui réunit également les banques Intesa Sanpaolo et Mediobanca, l'assureur Generali et la holding Sintonia et qui vient de faire passer sa participation dans le groupe à 24,5%.

"Si Telecom Italia se satisfait d'un statut de petit opérateur local comme KPN ou Belgacom alors la société a intérêt à ne rien changer", a estimé Emeka Obiodu, analyste chez Global Insight.

"Mais si le groupe veut continuer à faire partie de la cour des grands, il faut qu'il prenne des risques et qu'il se développe à l'étranger. Sinon, les autorités italiennes ne disposeront guère d'arguments pour empêcher une prise de contrôle par Telefonica", a-t-il poursuivi.

Mathias Wildt, version française Benoit Van Overstraeten

 
<p>La strat&eacute;gie mise en place par l'administrateur d&eacute;l&eacute;gu&eacute; Franco Bernabe fera de Telecom Italia un acteur de seconde zone dans le secteur des t&eacute;l&eacute;communications en Europe, voire une simple division de l'espagnol Telefonica, estiment certains actionnaires et analystes avant l'assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale annuelle de lundi. /Photo d'archives/REUTERS/Dario Pignatelli</p>