Tour de France: quand le gentil Froome devient brute

dimanche 21 juillet 2013 22h30
 

par Gilles Le Roc'h

PARIS (Reuters) - Christopher Froome a eu pendant la Vuelta 2011 la sensation qu'un jour il serait capable de gagner un Grand Tour, il a mis deux ans pour la concrétiser dans le Tour de France et couronner un itinéraire qui témoigne de son opiniâtreté.

Rien sans doute ne décrit mieux le Britannique que son attitude sur son vélo. Sa capacité à souffrir, sa volonté de se surpasser, de prendre le dessus sont tout ce qui fait son identité.

Sur sa machine, face à ses rivaux, c'est une brute. Dès qu'il en descend, il est le plus gentil des hommes.

Quand il lui faut se faire violence pour répondre à l'accélération d'un rival, il ne regarde plus rien, ni le dos qui le précède, ni qui roule à côté de lui.

Il baisse la tête, il fixe la route, domine ses sensations. Il écarte les bras, son corps ne parvient pas à s'allonger, son buste donne l'impression d'être bloqué, sa bouche fait un rictus.

Jamais le leader du Team Sky n'aurait reçu le Prix de l'élégance aujourd'hui disparu.

Il est en revanche un vainqueur du Tour remarquable pour ce qui est de la volonté et de la discipline, traits de caractère qu'il a formés tout au long de son parcours.

Froome est jeune quand au Kenya il roule en VTT sur des pistes qui sont ses Champs-Elysées d'alors. Il ne pense qu'à s'amuser - même s'il doit un jour monter dans un arbre pour échapper à la charge d'un rhinocéros.   Suite...

 
Christophe Froome savoure sa victoire dimanche, entouré de ses partenaires de l'équipe Sky. La 21e et dernière étape et ses 132 km depuis Versailles, remportée par l'Allemand Marcel Kittel, n'ont rien changé au palmarès sculpté pendant trois semaines. /Photo prise le 21 juillet 2013/REUTERS/Jean-Paul Pelissier