18 février 2013 / 13:07 / il y a 5 ans

JO: la lutte peut changer, indique sa fédération internationale

par Karolos Grohmann

Combat entre le Cubain Livan Lopez Azcuyors (à droite) et Jabrayil Hasanov d'Azerbaïdjan, lors des JO de Londres. La lutte est prête à changer et à corriger les erreurs qui l'ont conduite à devenir simple candidate aux Jeux Olympiques de 2020, selon le chef par intérim de la fédération internationale de lutte (Fila), Nenad Lalovic. /Photo prise le 12 août 2012/REUTERS/Suhaib Salem

BERLIN (Reuters) - La lutte est prête à changer et à corriger les erreurs qui l‘ont conduite à devenir simple candidate aux Jeux Olympiques de 2020, a affirmé lundi le chef par intérim de la fédération internationale de lutte (Fila), Nenad Lalovic.

Ce Serbe de 54 ans a été élu au cours du week-end après un vote de défiance visant l‘ancien président Raphael Martinetti, le poussant à la démission.

Nenad Lalovic affirme que les membres du bureau de la fédération de lutte n‘ont pas été informés du vote du Comité international olympique (CIO).

“Je suis surpris de la décision du CIO parce que nous (les membres du bureau de la Fila) avons été laissés sans information”, a-t-il expliqué à Reuters.

”Personne ne savait qu‘une commission du CIO travaillait sur ces problématiques. En tant que membres du bureau, nous n‘avions pas accès à ces informations.

“Pourquoi nous n‘avons pas eu accès à ces informations ? C‘est une autre question à laquelle il faudra répondre”, a déclaré Nenad Lalovic, alors qu‘il revenait d‘une compétition de la Fila en Thaïlande.

La lutte figurait au programme des premiers Jeux olympiques modernes en 1896 et, 1900 exceptée, elle en a toujours fait partie depuis. Elle faisait également partie des sports figurant au programme des anciens Jeux, à Olympie.

Elle a été incluse la semaine dernière dans une liste de huit sports candidats à la seule place disponible pour 2020, avec le baseball/softball, le karaté, le roller, l‘escalade sportive, le squash, le wakeboard et le wushu.

Une première sélection parmi ces sports aura lieu en mai, avant un vote définitif du CIO en septembre à Buenos Aires.

Techniquement, la lutte a une chance d‘être inscrite au programme des JO 2020, qui auront lieu à Madrid, Tokyo ou Istanbul. Mais il semble improbable que le CIO vote pour le sport que son bureau exécutif recommande d‘exclure.

RETOUR OLYMPIQUE

”La lutte a aidé à construire le village olympique depuis les temps anciens, et maintenant nous sommes exclus“, s‘indigne Nenad Lalovic. ”La première étape sera de voir comment réintégrer la famille olympique, parce que la décision intervient fin mai.

“Nous devrons ensuite survivre à Buenos Aires. C‘est très difficile mais si je n‘étais pas optimiste, je ne serais pas ici. Toute notre énergie est concentrée sur cet objectif.”

Le président par intérim s‘est engagé à passer autant de temps que possible à rencontrer des membres du CIO à Lausanne, dans une logique de lobbying avant la décision de mai.

Il reconnaît que la lutte a négligé d‘entretenir ses contacts et ses soutiens. L‘ancien président Martinetti a été critiqué pour ces raisons, d‘autant que les bureaux de la Fila sont situés à proximité de ceux du CIO.

“Il y a des sports dont la pratique est confidentielle”, affirme Nenad Lalovic. “Je ne veaux pas dire lesquels, parce ce ne sont pas nos ennemis”. Lors du vote du CIO, la lutte avait été battue par le pentathlon moderne, le canoë, le hockey et le taekwondo.

“Nous avons été de mauvais voisins, notre approche du mouvement olympique dans le passé a été un peu problématique. Je crois vraiment que nous devons d‘abord voir ce qui se passe en ce moment, et ensuite critiquer les autres”, a assuré le Serbe.

La lutte semble avoir péché là où les autres sports ont rencontré un important soutien parmi les 15 membres du bureau exécutif du CIO. En témoigne les schémas de vote, qui montrent une tendance au vote négatif pour épargner les autres sports.

L‘éviction de la lutte, dommage collatéral dans la tentative des membres du bureau du CIO de sauver les autres sports ? “C‘est assez possible”, répond Nenad Lalovic. La lutte, qui n‘était pas considérée comme menacée avant le vote, est systématiquement arrivée en tête des sports à expulser.

“J‘essaierai de rencontrer autant de membres du CIO que possible afin de savoir ce que la lutte doit changer selon eux. Nous aurons aussi une présentation professionnelle de notre sport.”

La décision de supprimer la lutte du programme olympique a provoqué la colère de nombreuses fédérations, notamment des Etats-Unis et de la Russie.

Ces bastions traditionnels de la lutte sont impatients de conduire un mouvement mondial pour réintégrer leur sport au programme.

“Maintenant, nous allons faire de notre mieux pour remédier à la situation de notre sport. Les gens qui évoluent dans le milieu du sport sont nombreux à ignorer à quel point la lutte est présente à travers le monde”, a affirmé Nenad Lalovic.

Corentin Dautreppe pour le service français

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