Football: un vaste réseau de corruption mis au jour

lundi 4 février 2013 18h58
 

par Thomas Escritt

LA HAYE (Reuters) - Les policiers d'Europol ont dénombré 680 matches présumés truqués, y compris des rencontres éliminatoires de Coupe du monde et de Ligue des champions, au sein d'un vaste réseau de corruption dans le football actif de 2008 à 2011.

Le directeur de l'Office européen de police, Rob Wainwright, a annoncé lundi lors d'une conférence de presse que ses enquêteurs avaient identifié environ 425 responsables, joueurs et criminels impliqués dans quinze pays. Le réseau, dirigé de Singapour, aurait rapporté au moins huit millions d'euros.

"C'est un triste jour pour le football européen. C'est désormais une question d'intégrité pour le football. Les responsables de ce sport devraient écouter les avertissements", a-t-il dit.

Certaines des rencontres ont déjà fait l'objet d'enquêtes et de procédures judiciaires. Europol, qui a agi en coordination avec des procureurs nationaux, a compté 380 matches truqués en Europe et 300 autres en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Les enquêteurs ont refusé de dévoiler le moindre nom de joueur ou de club tant que les investigations ne seraient pas achevées.

Selon l'enquêteur allemand Freidhelm Althans, le réseau employait des "courriers" transportant des enveloppes pouvant contenir jusqu'à 100.000 euros par match et qui servaient à rémunérer joueurs et arbitres. "Nous avons réuni des preuves dans 150 cas", a-t-il précisé.

Des complices prenaient parallèlement des paris sur internet ou par téléphone auprès de bookmakers en Asie, où sont acceptés des paris qui seraient illégaux en Europe.

"Un match truqué pouvait impliquer jusqu'à 50 suspects dans dix pays sur différents continents", a déclaré Freidhelm Althans. "Même deux matches éliminatoires de Coupe du monde en Afrique et un en Amérique centrale sont suspects", a-t-il dit.   Suite...

 
L'Office européen de police Europol annonce lundi le démantèlement d'un vaste réseau de corruption dans le milieu du football. /Photo d'archives/REUTERS/Dylan Martinez