Ligue 1: le derby breton passionne moins mais fait encore recette

samedi 2 février 2013 09h52
 

par Pierre-Henri Allain

LORIENT, Morbihan (Reuters) - Le stade du Moustoir affichera complet samedi pour le derby breton entre Lorient "l'ouvrière" et Rennes "la bourgeoise", auquel le public reste attaché bien qu'il n'ait plus tout à fait la même saveur qu'autrefois.

"Il y a un impact sur le public, c'est certain, mais ce n'est plus celui d'il y a trente ans", observe Christian Gourcuff, entraîneur des Merlus, passé par Rennes il y a une dizaine d'années.

"Aujourd'hui, avec les retransmissions télé, il y a une banalisation des matches. Auparavant c'était des affiches incontournables, on en parlait huit jours avant."

"Les joueurs sont eux-mêmes complètement déconnectés de ça. Ils ne sont plus attachés au club comme c'était le cas auparavant. Il y a très peu de joueurs qui sont des locaux. Pour eux, Rennes est d'abord une bonne équipe, c'est surtout ça qu'ils ont en tête", poursuit-il.

Arnaud Le Lan, l'un des rares Bretons de l'équipe, confirme l'indifférence des joueurs concernant les rivalités entre clubs d'une même région. Seul le stade plein pour le match et "trois pages dans le journal" retiennent désormais leur attention.

La banalisation des rencontres n'a cependant pas effacé les différences ataviques qui perdurent entre une ville moyenne de tradition ouvrière et une capitale régionale "bourgeoise", pour reprendre le mot du coach lorientais.

"Ce sera à nouveau le petit contre le gros, c'est aussi un aspect qui suscite de l'intérêt chez les supporters", reconnaît-il, même si deux points séparent au classement son équipe, huitième de Ligue 1, et sa rivale, quatrième.

"Et, même s'il y a une perte de personnalité au niveau des clubs, il subsiste des caractéristiques qui correspondent à des populations et c'est très bien comme cela."   Suite...

 
Christian Gourcuff, entraîneur des Merlus, passé par Rennes il y a une dizaine d'années. Le stade du Moustoir affichera complet samedi pour le derby breton entre Lorient "l'ouvrière" et Rennes "la bourgeoise", auquel le public reste attaché bien qu'il n'ait plus tout à fait la même saveur qu'autrefois. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé