24 janvier 2013 / 11:46 / dans 5 ans

Open d'Australie: Li Na compte sur son sorcier belge

Pour sa deuxième finale à l'Open d'Australie, Li Na pourra compter samedi face à Victoria Azarenka sur les conseils du technicien belge Carlos Rodrigues, qui a mené Justine Henin vers sept victoires en Grand Chelem. /Photo prise le 24 janvier 2013/REUTERS/Tim Wimborne

par Eric Salliot

MELBOURNE (Reuters) - Pour sa deuxième finale à l‘Open d‘Australie, Li Na pourra compter samedi face à Victoria Azarenka sur les conseils d‘un vieux routier du circuit: le Belge Carlos Rodrigues, qui a mené Justine Henin vers sept victoires en Grand Chelem.

Le technicien belge, 49 ans, est venu au secours de la Chinoise l‘année dernière.

“Avec un partenaire, je dirige une Académie de tennis en Chine depuis juin 2011”, a-t-il expliqué à Reuters.

“J‘ai travaillé un peu dans l‘ombre pendant un an et demi. Je me faisais énormément plaisir car c‘est un challenge extraordinaire, autant pour moi que pour ma femme et mes enfants.”

Mais le virus du coaching l‘a repris lorsque, juste avant les Jeux Olympiques, il a reçu la proposition de l‘agent de Li Na, laquelle stagnait un peu depuis son sacre à Roland-Garros en 2011.

“Ma femme avait peur que je replonge mais Li Na a accepté que je ne fasse que onze tournois par an”, dit-il.

En plaisantant à moitié, la Chinoise n‘a pas hésité à révéler publiquement que les méthodes de travail du Belge étaient assez brutales.

“J‘ai l‘habitude de travailler dans les conditions réelles d‘un match de tennis”, répond en rigolant Carlos Rodrigues.

“Quand on fait des exercices de musculation, on bosse dix minutes sans discontinuer, avec une petite pause, comme un changement de côté, puis on repart pour dix minutes. Mais on est sur des petites charges en termes de poids. Il y avait des habitudes à prendre et c‘est vrai qu‘après les premiers jours d‘entraînement, elle était épuisée.”

FAILLES

La méthode paie. Au fil des semaines, Carlos Rodrigues a appris à découvrir sa joueuse. Ses failles tout d‘abord.

“Gagner un Grand Chelem, c‘est très beau et très dangereux, surtout quand vous n‘y êtes pas préparé”, explique Rodrigues.

“Porter cela sur son sac à dos, ce n‘est pas facile. Elle a malheureusement vécu cette mésaventure. Mon travail, c‘était de comprendre tout cela.”

Le Belge a aussi apprécié la personnalité de Li Na, qui s‘est qualifiée pour la finale à Melbourne en surprenant la Russe Maria Sharapova, qui semblait intouchable.

“Elle est très comique, très sensible, très respectueuse et, surtout, elle boit les paroles. C‘est impressionnant comme elle absorbe. Mon travail, aussi, c‘est de surtout toucher là où ça fait mal pour éveiller quelque chose en elle”, raconte-t-il.

Et de la protéger aussi.

“En Chine, c‘est une icône. Pour un Chinois, voir une des leurs battre Maria Sharapova, qui est une star mondiale, ça prend une autre dimension. Du coup, elle ne peut aller nulle part”, dit Carlos Rodrigues.

“Donc elle ne va nulle part, elle mange dans sa chambre quand elle est à l‘Académie. Alors que lorsqu‘elle vivait en Allemagne, elle pouvait sortir.”

A 30 ans, Li Na va aborder sa finale avec une nouvelle maturité.

“En 2011, pour ma première finale de Grand Chelem (NDLR : perdue face à Kim Clijsters), j‘étais un peu effrayée parce que personne ne m‘avait dit ce qu‘il fallait faire sur le court”, se souvient-t-elle.

Avec l‘expressif Carlos Rodrigues dans le box, la Chinoise possédera une arme supplémentaire pour espérer renverser Victoria Azarenka.

Même si elle doit briser pour cela une série de quatre défaites consécutives face à la numéro un mondiale.

Edité par Julien Prétot

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