21 janvier 2013 / 15:08 / dans 5 ans

Handball: les Experts avancent à tâtons selon Onesta

En attendant le quart de finale du championnat du monde qui opposera la France à la Biélorussie ou la Croatie, le sélectionneur Claude Onesta ne montre aucune inquiétude. /Photo prise le 4 janvier 2013/REUTERS/Jean-Paul Pélissier

par Sophie Greuil

BARCELONE (Reuters) - En attendant le quart de finale du championnat du monde qui opposera la France à la Biélorussie ou la Croatie, Claude Onesta, le sélectionneur, dit avancer “par tâtonnements mais pas traumatisé”.

Dans ce tournoi où les Experts courent après leur bloc défensif, tout n‘est pas forcément simple pour les doubles champions olympiques et du monde en titre, qui comptent une défaite contre l‘Allemagne depuis le début du tournoi.

Avant de monter dans le bus qui emmène l‘équipe de France à Saragosse, où elle jouera mercredi, Onesta n‘a montré aucune inquiétude, après un début de compétition peu convaincant, sans pour autant se défiler devant certaines questions.

“Ceux qui croient que l‘équipe de France va gagner dans la facilité et l‘aisance se trompent. Au passage, ils prouvent mal connaître cette compétition, un championnat de transition après les Jeux olympiques”, a-t-il affirmé.

Nikola Karabatic abonde dans son sens en soulignant “que le niveau du handball mondial s‘est considérablement resserré”.

“A ce niveau, il n‘y a plus de petites équipes. Il n‘y a que contre l‘Australie qu‘on peut se permettre de jouer avec la main gauche”, dit le Français.

Du coup, Claude Onesta se contente pour l‘instant de victoires à l‘arraché qui lui blanchissent les tempes.

“A Barcelone, nous n‘avons pas vocation à une oeuvre parfaite, à gagner avec le prix de l‘élégance. Gagner suffira”, assène-t-il avec son accent chantant mais tranchant.

“COMME UNE BATAILLE NAVALE”

Sans se départir de son calme, bien qu‘agacé par des journalistes ayant enterré certains de ses joueurs ou comparé d‘autres à des footballeurs, Claude Onesta s‘explique.

“A ce niveau, sur cette compétition particulièrement, on ne peut pas jouer les rencontres comme on pourrait les imaginer. Comme une bataille navale, on fait avec les solutions multiples du moment. Mais, comme notre banc est large, aucune n‘est ancrée”, dit le patron des Bleus.

“Notre équipe est arrivée avec un statut à défendre. Ces attentes nous obligent à des transitions entre les générations, à ne pas tout changer d‘un seul coup d‘un seul. Cette obligation a ses avantages et ses inconvénients. Nous ne pouvions pas venir à Barcelone avec une équipe totalement remaniée.”

Malgré un Samuel Honrubia au-dessus du lot sur l‘aile et un Nikola Karabatic au four et au moulin, qui survole les débats au point de marquer de la main gauche face à l‘Islande, l‘équipe de France avance par à-coups.

“Match après match, nous avons un chantier de réglages possibles”, note Claude Onesta. “Contre l‘Islande, nous avons en partie retrouvé le plus important : l‘état d‘esprit, le plus nécessaire.”

Les travaux portent d‘abord sur la défense, jusqu‘à lors le socle de son palmarès incomparable mais dont les cadres sont à la peine - Didier Dinart et Jérôme Fernandez courent après leur meilleur niveau, Daniel Narcisse est encore loin de ses sommets passés - ou sont absents, tels les frères Gille.

“PAS ASSEZ DE FAUTES”

“Dans ce secteur, nous manquons d‘agressivité, d‘impact physique, de volonté et d‘intention. Quelque part, nous ne faisons pas assez de fautes, de celles qui génèrent des doutes dans la tête de l‘adversaire”, regrette Claude Onesta.

Depuis le début de ce championnat du monde, où la France vient chercher la cinquième étoile de son histoire, son bloc joue replié, en reculant, en retard ou en ouvrant un couloir énorme à ses rivaux.

“Résultat, ce bloc ne pèse pas sur l‘adversaire, ne le perturbe pas. Quelque part, il a aujourd‘hui un mètre à reconquérir pour être vraiment sur ses bases”, précise Onesta.

Dans le même temps, Dinart et Fernandez reconnaissent “ne pas être encore dans le bon tempo”.

Volontaires mais pas dominateurs, les Français obligent Onesta à “un coaching casse-tête”. “D‘autant que je sais que nous ne retrouverons pas notre bloc défensif en trois ou quatre jours. Mais cela ne me traumatise pas”, affirme-t-il.

En fait, Claude Onesta attend surtout de les voir aborder le tournoi “pour aller à la guerre et non pas pour venir capitaliser des temps de sommeil et de soins”.

En attendant de mieux se défendre, les Français peuvent compter sur des artilleurs inspirés.

“Tant que nous en marquons, nous pouvons accepter d‘en prendre. L‘idée de base du handball reste, comme dans d‘autres sports collectifs, d‘en marquer toujours un de plus que les autres”, assène Honrubia, le meilleur marqueur des Experts sur cette compétition.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Grégory Blachier

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