January 14, 2013 / 10:01 AM / 5 years ago

Vendée Globe: François Gabart sprinte vers les Sables d'Olonne

5 MINUTES DE LECTURE

Lancé à seize noeuds dans son 65e jour de course, François Gabart caracole en tête du Vendée Globe dont il devrait rallier l'arrivée, aux Sables d'Olonne, d'ici une douzaine de jours et dans un temps record. /Photo prise le 10 novembre 2012/Stéphane Mahé

par Sophie Greuil

PARIS (Reuters) - Lancé à seize noeuds dans son 65e jour de course, François Gabart caracole en tête du Vendée Globe dont il devrait rallier l'arrivée, aux Sables d'Olonne, d'ici une douzaine de jours et dans un temps record.

Au classement de 08h00 GMT, le skipper de "Macif" menait la danse avec 259 milles d'avance sur Armel Le Cléac'h sur "Banque Populaire" et 705 milles sur Jean-Pierre Dick ("Virbac-Paprec3").

A 3.590 milles de la ligne, François Gabart semble toujours aussi à son aise dans ce tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, son premier du genre à 29 ans.

"Ça va bien. Je n'ai pas à me plaindre. Ça va assez vite depuis quelques heures, c'est assez agréable", dit-il encore après plus de deux mois en mer.

"Depuis quatre à cinq jours maintenant, les choix sont faits. Oui, les dés sont jetés. Dorénavant, c'est plus une question de vitesse que de stratégie. Il n'y a plus grand-chose à faire à part essayer d'aller le plus vite possible."

Malin Aux Malouines

Depuis l'abandon précoce de Louis Burton, dès le sixième jour de course, François Gabart, ingénieur de formation, est le benjamin de ce Vendée Globe.

Après avoir franchi le Cap Horn en tête, il a choisi, à la hauteur des Malouines, de remonter l'Atlantique en se décalant légèrement vers l'est pour éviter un chapelet de petites dépressions.

En jouant ce va-tout, le skipper de Macif a abattu un joker susceptible de le mener à la victoire tandis que son principal poursuivant Armel Le Cléac'h pataugeait dans un petit orage.

Depuis, seul au monde après avoir passé l'essentiel de son temps en navigation presque à vue avec Armel Le Cléac'h, François Gabart a creusé l'écart à un rythme d'enfer. Au pied de l'Equateur, qu'il devrait passer dans la journée de mardi, sa domination s'accentue.

"J'essaye de naviguer à mon rythme, plus ou moins le même depuis le début, depuis mon passage à l'aller dans le golfe de Gascogne", explique-t-il.

"Même en approche de l'arrivée, je ne vais prendre aucun risque inconsidéré ou me fatiguer inutilement. Je ne l'ai pas fait avant. Donc, je ne changerai rien", glisse ce blond serein.

Mais ce compétiteur-né, ciselé à l'école de la Solitaire du Figaro, pourrait pousser encore un peu en apercevant les côtes vendéennes : "Peut-être que j'accélèrerai dans les cent derniers mètres. Mais, pour l'instant, je garde le même rythme."

"arrêter L'hemorragie"

Derrière lui, Armel Le Cléac'h, Jean-Pierre Dick et Alex Thompson, ses trois premiers poursuivants, savent qu'à moins d'une infortune de mer toujours possible dans un Atlantique Nord aux rails très fréquentés et pollués, les dés sont jetés.

Mais ils espèrent surtout voir le fameux "Pot au noir", cette zone redoutée autour de l'Equateur, remplir son rôle habituel en abaissant ses passages à niveau, en ralentissant voire coinçant les marins dans des bulles sans vent.

Même s'il a sorti ses Crocs, son short et sa crème solaire sous les chaleureux alizés brésiliens, Armel Le Cléac'h sait n'être ni à la plage, ni en RTT.

"Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en train de pêcher. Pour l'instant, je n'ai pas encore regardé la météo prévue dans l'Atlantique Nord. Là, je me concentre sur la vitesse de mon bateau", a dit le Breton, qui pourrait finir second une deuxième fois d'affilée après 2008-2009.

"On s'en sort tant bien que mal. La route est claire. Pour l'instant, il n'y a pas trop d'option."

Après avoir retrouvé sa troisième place, chipé un temps par le pugnace Britannique Alex Thompson sur "Hugo Boss", Jean-Pierre Dick attendait l'heure de l'Equateur.

"Avec Armel (Le Cléac'h), il faut que j'arrête un peu l'hémorragie. Il y a un écart de vitesse assez conséquent avec la tête. Mais l'élastique va se détendre", espérait le skipper de "Virbac-Paprec3".

"Au Pot au noir, il va y avoir moins de vent pour François. Alors ça va permettre aux bateaux de derrière de revenir", escomptait le Niçois, double vainqueur du tour du monde en double.

Après l'abandon, la semaine dernière, du Suisse Bernard Stamm sur "Cheminées Poujoulat", la flotte de cette septième édition compte encore douze solitaires sur les vingt qui étaient au départ.

Edité par Gregory Blachier

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