Rugby: la naissance d'une équipe et la renaissance d'un homme
par Jean-Paul Couret
PARIS (Reuters) - Malgré le professionnalisme, le rugby français reste friand de légendes et de contes de fée et il retiendra sans doute de 2012 la naissance d'une équipe et la renaissance d'un homme.
La naissance a eu lieu dans le stade Jose Fierro de San Miguel de Tucuman, ville d'Argentine perdue à 1.086 km de Buenos Aires, mais on a les Bethleem qu'on peut.
C'était un 23 juin, deux jours après le solstice d'hiver dans le sud. Le nouveau-né était habillé de bleu et il a reçu des gauchos une victoire 49-10 et 15 dépouilles de Pumas.
L'affaire s'est déroulée dans l'ignorance des Français pour cause d'indifférence des chaînes de télévision et son importance n'est apparue que quatre mois plus tard, lorsque le sélectionneur Philipe Saint-André a annoncé que les hommes de Tucuman seraient les fers de lance de novembre.
Le nouveau patron des Bleus n'avait pas fait preuve de la même constance ni de la même audace jusque-là. Il avait joué son premier Tournoi des VI Nations avec 29 joueurs dont bon nombre de mondialistes.
La campagne s'est soldée par une quatrième place peu flatteuse pour des vice-champions du monde.
La France n'a battu que les deux plus faibles, Italie (30-12) et Ecosse (23-17). Elle a fait match nul avec l'Irlande au Stade de France (17-17), y a perdu face à l'Angleterre (24-22) et s'est inclinée à Cardiff (16-9).
Au printemps, la Coupe d'Europe a mal tourné pour les clubs français. Toulouse a été éliminé en quarts par Edimbourg (19-14), Clermont en demi-finale par le Leinster (19-15). La finale s'est finalement jouée entre Irlandais et a été gagnée par le Leinster contre l'Ulster (42-14). Suite...

