19 décembre 2012 / 11:42 / il y a 5 ans

Rugby: une année en novembre

L'année 2011 s'était achevée sur le triomphe des All Blacks, sacrés champions du monde pour la seconde fois depuis 1987 et devant leur public. Les Néo-Zélandais ont ensuite gagné les six matches de leur campagne du Four Nations, en sont sortis avec le titre, la Bledisloe Cup. Lors de leur tournée d'été, la Nouvelle-Zélande a balayé l'Ecosse, l'Italie et le Pays de Galles. Mais ce sont les Anglais qui ont réussi l'exploit de novembre: faire tomber les All Blacks 38-21 à Twickenham (photo). /Photo prise le 1er décembre 2012/Dylan Martinez

par Jean-Paul Couret

PARIS (Reuters) - Avec des héros physiquement fourbus aux objectifs collectifs ou individuels remplis ou déçus, le rugby international a vécu une difficile année d'après-Coupe du monde jusqu'au coup de théâtre final.

L'an 2011 s'était achevé sur le triomphe des All Blacks, sacrés champions du monde pour la seconde fois depuis 1987 et devant leur public.

C'était le 23 octobre au terme d'une finale acharnée et d'une victoire étriquée 8-7 contre la France. Décembre n'était pas achevé que les champions du monde avaient changé d'entraîneur, sans vagues puisque Graham Henry a été remplacé par son adjoint et élève Steve Hansen.

Lorsque l'hémisphère sud a remis les crampons, les cavaliers noirs ont repris leur infernale cavalcade de Sydney à Johannesburg en passant par Auckland, Wellington ou La Plata.

Partout, ils ont répandu défaite et parfois désolation. Ils ont gagné les six matches de leur campagne du Four Nations, en sont sortis avec le titre, la Bledisloe Cup, 14 points d'avance au classement sur le deuxième, l'Australie, et une différence de +111 entre 177 points marqués contre 66 concédés.

Le rugby de clubs néo-zélandais a également triomphé dans le Super 15 remporté par Waikato, vainqueur 37-6 des Sharks de Durban en finale.

Pendant ce temps, l'Europe essayait de se ressourcer dans son Tournoi des six nations.

Sur la lancée de son titre de perdant magnifique de la demi-finale du Mondial contre la France, le Pays de Galles s'est consolé par un Grand Chelem indiscutable.

Dans ce tournoi, la France qui avait, elle aussi, changé d'entraîneur mais moins discrètement que la Nouvelle-Zélande en passant de Marc Lièvremont à Philippe Saint-André n'a pas tenu son rang de vice-championne du monde.

Elle a fini quatrième après n'avoir battu que les deux plus faibles, Italie et Ecosse, avoir fait match nul avec l'Irlande au Stade de France, y avoir perdu face à l'Angleterre et s'être inclinée à Cardiff.

L'Irlande a pris le pouvoir dans le rugby des clubs du vieux continent lors d'une finale de Coupe d'Europe remportée 42-14 par le Leinster face à l'Ulster.

LA CHUTE DES BLACKS

Tous les esprits étaient déjà tournés vers les premières confrontations avec l'hémisphère sud du mois de juin.

Les Gallois sont revenus d'Australie avec trois défaites, l'Angleterre d'Afrique du Sud avec deux défaites et un nul, l'Irlande de Nouvelle-Zélande avec trois défaites, la France d'Argentine avec une défaite et une victoire.

La seule idée de la tournée d'automne de l'hémisphère sud faisait se hérisser les pelouses du Nord mais les All Blacks ont eu une absence. Ils ont concédé un match nul à l'Australie à Brisbane, sur le chemin de l'Europe et dans un match sans enjeu.

Sans un drop raté par Dan Carter après la sirène, ils auraient égalé le record de 17 victoires d'affilée détenu par leurs anciens des années 60 et les Springboks de 1997-1998.

Vexés mais toujours invaincus, ils ont débarqué en Europe prêts pour une nouvelle razzia, tout comme les Wallabies et les Springboks, et même les Pumas dont les crocs s'aiguisaient.

Une première surprise est venue lorsque l'Australie a été battue par la France 33 à 6. Les Wallabies ont ensuite dominé l'Angleterre, l'Italie et le Pays de Galles. L'Afrique du Sud a battu l'Irlande, l'Ecosse et l'Angleterre. La Nouvelle-Zélande a balayé l'Ecosse, l'Italie et le Pays de Galles.

La France est restée l'exception à la règle de la domination du sud avec ses deux autres victoires sur l'Argentine et les Samoa.

Ce premier petit chelem de novembre depuis 2005 a été sans doute promu un peu vite au rang d'exploit mais il a fait que tout le monde s'est mis à parler du classement mondial de l'IRB.

Les Français venaient soudain de remonter à la quatrième place et de se coller aux trois grands du sud dans les têtes de série protégées pour la Coupe du monde 2015.

Ils en ont été récompensés le jour du tirage en recevant pour principaux adversaires de poule l'Irlande et l'Italie. Le groupe de la mort, puisqu'il en faut toujours un, sera celui de l'Australie, du Pays de Galles et de l'Angleterre.

Deux jours plus tôt, ce sont pourtant les Anglais qui avaient réussi l'exploit de novembre, faire tomber les All Blacks 38-21 à Twickenham.

Cette fois c'est 20 matches sans défaite toutes compétitions confondues et dix ans d'invincibilité en Europe des Néo-Zélandais qui venaient de partir en une brume anglaise qui a voilé l'histoire de 2012.

Celle de 2013 en sera peut-être affectée.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Gilles Trequesser

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