March 2, 2012 / 4:19 PM / in 5 years

Six Nations: la discipline du XV de France en héritage

4 MINUTES DE LECTURE

par Mathieu Baratas

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Cinq pénalités concédées en Ecosse, six face à l'Italie, la discipline est devenue l'un des points forts du XV de France grâce à l'expérience de ses anciens et l'exigence des sélectionneurs depuis Bernard Laporte.

Dès le lendemain de la victoire conte l'Italie, le nouveau sélectionneur Philippe Saint-André s'est félicité de perpétuer l'héritage de ses prédécesseurs, en particulier Marc Lièvremont.

"Il faudra garder la même discipline", estime Philippe Saint-André en énumérant le nombre de pénalités concédées.

Il est loin le temps des remontrances de Bernard Laporte qui a répété haut et fort de "ne pas faire de faute" lors d'une mi-temps mémorable de France-Italie 2002 (33-12).

"On a assimilé et acquis le fait de ne pas se mettre à la faute", reconnait le pilier Nicolas Mas.

"On se connait. On a gardé cette discipline de la Coupe du monde car c'est important. C'est le point le plus positif. On ne fait pas de faute bête ou exprès. Il y a des situations où il faut faire moins de fautes pour éviter les points adverses. Cette discipline est plus travaillée en défense et sur les rucks où on parle beaucoup", dit Nicolas Mas.

Les mondialistes ont travaillé individuellement et collectivement depuis des années pour réduire le nombre de fautes tout en allant à la limite sans se faire sanctionner.

"Il y a des joueurs d'expérience qui transmettent de la sérénité dans les temps faibles de l'équipe pour rester souder et éviter les fautes. Une dynamique collective se dégage qui amène l'équipe à être plus soudée et qui empêche les joueurs de s'isoler", dit Yoann Maestri, déjà imprégné de cette nouvelle mentalité française.

"ÊTRE MOINS DISCIPLINÉ"

Pourtant, la discipline n'est pas "naturelle" chez les joueurs français donc il faut toujours y revenir, juge l'ancien arbitre international Joël Jutge qui intervient auprès des Bleus depuis plusieurs mois. Les Français prennent en compte la psychologie de l'arbitre de la rencontre et apprennent à s'approcher des limites autorisées par la règle.

Les joueurs sont surpris, voire déçus, par le faible nombre de pénalités concédées lors de deux premières victoires.

"Cinq pénalités, c'est incroyable vu la physionomie du match. C'est bien d'être discipliné. Jusqu'à 10 pénalités, on peut aller batailler dans les rucks. Mais il y a des matches où il faut être moins discipliné", estime le troisième ligne Imanol Harinordoquy.

"L'arbitre anglais Dave Paerson (qui officiera pour France-Irlande dimanche) est plus dans la règle que l'esprit. Il faut s'adapter à l'arbitrage. On a su être à la limite contre les Ecossais. Il faudra être plus présents sur les rucks offensifs car les Irlandais sont les professionnels pour ralentir les ballons et les disputer", souligne ainsi Harinordoquy.

Compte tenu du talent des Irlandais sur les rucks, les Bleus devront résoudre un dilemme crucial entre faire le moins de faute et mettre le plus d'intensité possible.

"Il y a toujours une limite très fine entre le trop d'engagement et la faute. On joue toujours avec cette frontière", conclut Maestri.

édité par Pascal Liétout

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