4 avril 2008 / 09:53 / il y a 9 ans

Connexion d'outre-tombe au Japon

<p>Dans le cimeti&egrave;re du village de Kofu, pr&egrave;s des Alpes japonaises, les vivants peuvent d&eacute;sormais se connecter au monde des morts. Au c&ocirc;t&eacute; des inscriptions traditionnelles grav&eacute;es dans le marbre, Teruo et Moyoko Oba ont install&eacute; sur leur caveau familial une petite plaque sur laquelle figure un code-barres qui permet aux visiteurs &eacute;quip&eacute;s d'un t&eacute;l&eacute;phone mobile d'afficher sur leur combin&eacute; la photo des Oba et leur n&eacute;crologie. /Photo prise le 2 avril 2008/Yuriko Nakao</p>

par Dan Sloan

KOFU, Japon (Reuters) - Dans le cimetière du village de Kofu, près des Alpes japonaises, les vivants peuvent désormais se connecter au monde des morts.

Au côté des inscriptions traditionnelles taillées dans le marbre, Teruo et Moyoko Oba ont installé sur leur caveau familial une petite plaque sur laquelle figure un code-barres qui permet aux visiteurs équipés d'un téléphone mobile d'afficher sur leur combiné la photo des Oba et leur nécrologie.

Ce service a été imaginé par le fabricant de pompes funèbres Ishinokoe qui estime que ce code-barres - qui est utilisé au Japon aussi bien pour prendre un ticket de bus que pour acheter un billet pour un spectacle - est une nouvelle manière, plus complète, de se recueillir et de consulter les épitaphes.

"Nous avons déjà une licence et nous devrions en obtenir une nouvelle ce mois-ci. Nous espérons que ce service ne bénéficiera pas seulement à nos clients mais aussi au secteur des pompes funèbres tout entier", a dit Yoshitsugu Fukuzawa, le patron de Ishinokoe, qui a lancé ce produit il y a quelques jours.

Dans un pays qui vieillit rapidement et dans lequel les rites funéraires occupent une place importante, l'industrie des pompes funèbres est vue comme florissante et représente un chiffre d'affaires de 1.600 milliards de yens (10 milliards d'euros), selon l'Organisation du commerce extérieur japonais, qui précise que les clients se font de plus en plus exigeants.

La famille Oba considère que cette nouvelle technologie offre plus d'options qu'avant.

"J'ai pensé qu'il s'agissait d'une idée géniale car en règle générale le défunt n'a pas son mot à dire sur le décor de sa pierre tombale", a dit Teruo Oba, qui est âgé de 73 ans.

Sa femme Moyoko, qui a 70 ans, pense que ce sont surtout les jeunes qui seront connectés. "C'est une nouvelle approche. Nous voulions que nos petits-enfants aient la possibilité de s'en servir lors de leurs visites au cimetière", a-t-elle dit.

Le gadget a néanmoins un coût : 1 million de yens (6200 euros).

Pour Fukuzawa, ce service permet au marché des services funéraires d'innover tout en rapprochant les familles. "De nos jours, la plupart des funérailles se passent en moins de cinq minutes et consistent à brûler de l'encens et à déposer des fleurs", dit-il. "J'espère que ce changement incitera les familles à rester autour de la tombe et à parler de la mémoire des défunts plus longtemps."

Version française Julien Toyer

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