Le "Beethoven japonais" n'était ni compositeur... ni sourd

mercredi 12 février 2014 11h56
 

TOKYO (Reuters) - Mamoru Samuragochi, surnommé le "Beethoven japonais", a annoncé mercredi qu'il avait récupéré une partie de ses capacités auditives, une semaine après avoir déclenché un scandale national en admettant qu'il avait eu recours aux services d'un "nègre".

Musicien classique âgé de 50 ans, Mamoru Samuragochi était considéré comme un génie pour avoir composé de nombreuses oeuvres en dépit de sa surdité.

Sa "Symphonie N°1 Hiroshima" à la mémoire des victimes du bombardement atomique de 1945 lui avait valu une renommée internationale.

Il s'est excusé auprès de ses admirateurs la semaine dernière pour avoir fait passer pour siennes une vingtaine de partitions composées par Takashi Niigaki, un professeur d'université dont les services ont été rémunérés à hauteur de 7 millions de yens (plus de 50.000 euros).

Mamoru Samuragochi a reconnu mercredi qu'il n'avait pas été totalement honnête non plus sur le degré de son handicap lorsque le scandale a émergé.

S'il était effectivement sourd lorsqu'il a entamé cette collaboration officieuse il y a 18 ans, il semble que la situation se soit améliorée depuis.

"La vérité c'est que ces derniers temps j'ai commencé à entendre un peu de nouveau", a-t-il déclaré dans un communiqué repris par les médias locaux, précisant que depuis trois ans, il est capable de suivre des conversations dans certaines conditions.

Mamoru Samuragochi, qui dit vouloir bientôt présenter des excuses publiques, a proposé de passer un test auditif encadré par des experts.

Elaine Lies; Myriam Rivet pour le service français, édité par Pierre Sérisier

 
Mamoru Samuragochi, surnommé le "Beethoven japonais", a annoncé mercredi qu'il avait récupéré une partie de ses capacités auditives, une semaine après avoir déclenché un scandale national en admettant qu'il avait eu recours aux services d'un "nègre". /Photo d'archives/REUTERS/Kyodo