Le "signeur" de l'hommage à Mandela aurait entendu des voix

jeudi 12 décembre 2013 18h28
 

JOHANNESBURG (Reuters) - L'interprète en langage des signes recruté pour la cérémonie, mardi à Soweto, en hommage à Nelson Mandela se défend de tout amateurisme, affirmant souffrir de schizophrénie et avoir entendu des voix pendant sa prestation.

Thamsanqa Jantjie, 34 ans, a provoqué l'indignation des associations de sourds-muets en multipliant les gestes ne voulant apparemment rien dire aux côtés d'orateurs officiels comme le président américain Barack Obama.

"Je n'y pouvais rien. Je me suis retrouvé seul dans une situation dangereuse. J'ai essayé de me contrôler et de ne pas montrer au monde ce qui se passait. Je suis vraiment désolé", a-t-il déclaré au journal sud-africain Star.

Le gouvernement a fini par admettre que l'intéressé n'était pas un "signeur" professionnel, tout en minimisant les risques posés en matière de sécurité. "Il avait été recruté", a déclaré la ministre chargée des Handicapés, Hendrietta Bogopane-Zulu.

"Y-a-t-il eu faute? Oui. L'homme est devenu submergé par sa tâche et n'a pas eu recours aux signes normaux (du langage des sourds). Nous sommes tous d'accord là-dessus", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse.

Thamsanqa Jantjie affirme avoir été recruté par SA Interpreters et engagé par le Congrès national africain (ANC) pour la cérémonie du Soccer City Stadium de Johannesburg, où des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement étaient présents.

Reuters n'est pas parvenu à retrouver la trace de SA Interpreters, dont l'ANC dit ne rien savoir.

Le "signeur" affirme pour sa défense suivre un traitement médicamenteux pour schizophrénie et assure ne pas savoir ce qui a déclenché cette alerte.

Dans une interview à Talk Radio 702, il s'est cependant estimé satisfait de sa performance au stade de Soweto. "Absolument, absolument Je pense que j'ai été un champion du langage des signes", a-t-il dit.   Suite...

 
L'interprête en langage des signes (à droite) traduisant le discours du président indien Pranab Mukherjee lors de la cérémonie en hommage à Nelson Mandela au Soccer City Stadium de Johannesburg. L'interprète, qui a provoqué l'indignation des associations de sourds-muets en multipliant les gestes qui ne voulaient rien dire au côté des orateurs, se défend de tout amateurisme, affirmant souffrir de schizophrénie et avoir entendu des voix pendant sa prestation. /Photo prise le 10 décembre 2013/REUTERS/Kai Pfaffenbach