Un mystérieux faux "signeur" à la cérémonie pour Nelson Mandela

mercredi 11 décembre 2013 15h17
 

JOHANNESBURG (Reuters) - Les associations de sourds-muets ont exprimé leur indignation mercredi contre les gesticulations d'un faux spécialiste de la langue des signes sur la tribune où personnalités et chefs d'Etat rendaient hommage à Nelson Mandela, mardi au Soccer City Stadium de Johannesburg.

Le faux "signeur", un jeune homme noir en costume qui avait un badge de sécurité officiel passé autour du cou, a multiplié les gestes qui ne voulaient rien dire au côté des orateurs.

"En gros, il gesticulait. Il ne suivait aucune règle grammaticale ni la structure de la langue. Il inventait les signes au fur et à mesure", a déploré Delphin Hlungwane une signeuse de l'association sud-africaine DeafSA.

"Il n'a fait aucune traduction correcte, il n'a même pas su dire le mot merci", a-t-elle dit à Reuters.

L'homme est activement recherché, sa présence à une cérémonie à laquelle participaient de nombreux chefs d'Etat, du Sud-Africain Jacob Zuma à l'Américain Barack Obama, ayant en outre soulevé une énorme question de sécurité.

"Personne ne sait qui il est. On ne connaît même pas son nom", a précisé Delphin Hlungwane.

Le Congrès national africain (ANC) a également dit ignorer l'identité de l'intrus, bien qu'un enregistrement télévisé du congrès du parti au pouvoir il y a un an semble montrer le même homme, gesticulant au côté de Jacob Zuma.

"Je ne sais pas qui est ce type. Il ne travaille pas pour l'ANC. C'était un événement gouvernemental. Demandez-leur", a rétorqué le porte-parole de l'ANC, Jackson Mthembu.

Le porte-parole de la présidence sud-africaine, Mac Maharaj, a de son côté dit chercher à vérifier cette information.

Ed Cropley, Tangi Salaün pour le service français

 
Les associations de sourds-muets ont exprimé leur indignation contre les gesticulations d'un faux spécialiste de la langue des signes sur la tribune où personnalités et chefs d'Etat ont rendu hommage à Nelson Mandela mardi au Soccer City Stadium de Johannesburg. Le faux "signeur", un jeune homme noir portant un badge de sécurité officiel autour du cou, a multiplié les gestes qui ne voulaient rien dire au côté des orateurs. /Photo prise le 10 décembre 2013/REUTERS/Kai Pfaffenbach