L'homme au même niveau que l'anchois dans la chaîne alimentaire

mercredi 4 décembre 2013 16h45
 

MARSEILLE (Reuters) - L'homme est positionné au même niveau que l'anchois dans la chaîne alimentaire, selon l'étude d'une équipe française qui a calculé pour la première fois le niveau trophique humain.

Connu pour la majeure partie des espèces terrestres et marines, cet indice n'avait jamais été calculé pour l'homme, indique l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) dans un communiqué.

Les scientifiques - des chercheurs de l'Ifremer, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest - ont mis en évidence un niveau trophique de 2.2 pour l'homme, proche de celui de l'anchois ou du cochon.

"A titre de comparaison, une vache se nourrissant d'herbe a un niveau trophique de 2 alors que des prédateurs supérieurs comme l'ours polaire et l'orque ont des niveaux trophiques pouvant atteindre 5.5", précise le communiqué.

Les scientifiques se sont appuyés sur les données de la Food and Agriculture Organization (FAO) relatives à la consommation humaine couvrant la période 1961-2009 pour établir leur surprenant résultat.

L'indice trophique de l'homme varie en fonction de la zone géographique. Au Burundi, où le régime alimentaire est composé à 97 % de plantes, l'indice est de 2.04. A l'inverse, l'Islande obtient le score le plus élevé avec un indice de 2.54, qui correspond à un régime alimentaire majoritairement carnivore (plus de 50%), en l'occurrence très riche en poisson.

Les chercheurs ont aussi constaté que le niveau trophique humain a augmenté de 3 % au cours des 50 dernières années.

"La quantification de l'impact de l'augmentation du niveau trophique humain de chaque pays sur l'extraction de ressources naturelles permettrait de mieux comprendre l'impact de notre alimentation sur notre capacité future à nourrir les 9 milliards d'êtres humains en 2050", conclut le texte.

Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse

 
L'homme est positionné au même niveau que l'anchois dans la chaîne alimentaire, selon l'étude d'une équipe française qui a calculé pour la première fois le niveau trophique humain. Connu pour la majeure partie des espèces terrestres et marines, des chercheurs de l'Ifremer, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et d'Agrocampus-Ouest ont mis en évidence un niveau trophique de 2.2 pour l'homme, proche de celui de l'anchois ou du cochon. /Photo d'archives/REUTERS/Enrique Castro-Mendivil