Menaces contre des lycées, une blague à 1 million d'euros

jeudi 11 juillet 2013 17h47
 

STRASBOURG (Reuters) - Un jeune homme de 17 ans qui a avoué être l'auteur de menaces de fusillade dans un lycée diffusées sur internet en mai dernier depuis un cybercafé strasbourgeois voulait simplement faire une blague, a annoncé jeudi le procureur de Strasbourg.

Interpellé mardi soir et placé en garde à vue pendant 48 heures, il a été mis en examen pour propagation de mauvaises nouvelles avec menaces, ce qui le rend passible de deux années d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende, moitié moins si l'excuse de minorité est retenue.

Loin d'annoncer un geste de désespoir, comme son auteur le laissait entendre, le message posté sur un forum de jeu vidéo était un canular, "ce que les geeks appellent un ‘fake', c'est-à-dire une provocation ", a dit le procureur Michel Senthille lors d'une conférence de presse.

"Il y a des canulars qui ont un coût économique et financier", a-t-il rappelé à l'adresse d'éventuels imitateurs.

Le magistrat a évalué à un million d'euros le coût des heures de travail du personnel de justice et des forces de l'ordre mobilisés pour sécuriser les lycées du Bas-Rhin et tenter de retrouver l'auteur des menaces.

Jusqu'à 500 policiers et gendarmes avaient surveillé durant plusieurs semaines les 57 établissements et l'enquête elle-même a mobilisé plus d'une centaine d'officiers de police judiciaire.

Dix-sept personnes ont été interpellées dans la France entière avant que les enquêteurs n'identifient l'auteur présumé du message grâce à la marque du sweat-shirt qu'on lui voit porter sur les images de la vidéosurveillance du cybercafé.

Un travail de fourmi mené avec l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication a permis de retrouver le magasin strasbourgeois où avait été effectué l'achat, puis l'acheteur grâce à l'analyse de plus de 1.000 facturettes de carte bleues.

L'adolescent qui disait vouloir en finir en commettant un massacre et se prétendait sans formation, sans amis, et sans emploi "n'est pas du tout ce qu'il dit" et "n'avait aucune intention de porter atteinte à la vie de quiconque", a précisé Michel Senthille.   Suite...