Un ex-silo nucléaire converti en musée en République tchèque

samedi 18 mai 2013 10h53
 

MISOV, République tchèque (Reuters) - Un ancien silo souterrain d'ogives nucléaires soviétiques, dans les forêts de Bohême, va ouvrir prochainement ses portes en tant que musée consacré à la course aux armements atomiques durant la Guerre froide.

La construction de cet imposant bunker avait été décidée par Nikita Krouchtchev et le silo avait vu le jour au milieu des années 1960 dans une forêt des environs du village de Misov, à une soixantaine de kilomètres de la frontière ouest-allemande.

"C'était l'endroit le plus secret de Tchécoslovaquie. Aucun Tchèque n'y avait accès", déclare Vaclav Vitovec, directeur de la Fondation du Rideau de fer, qui prépare l'ouverture du musée, prévue en août.

A l'intérieur du bunker, dont les abords étaient surveillés par des nids de mitrailleuses, on peut voir d'épaisses parois de béton, deux paires de lourdes portes en fer et quatre salles qui permettaient de stocker jusqu'à 80 têtes nucléaires susceptibles d'être montées sur des missiles.

C'est l'un des trois silos du même genre qui avaient été construits en Tchécoslovaquie et le seul qui soit encore intact.

Les historiens d'aujourd'hui expliquent que le site était tellement secret qu'on ignore toujours si oui ou non, des ogives nucléaires y ont effectivement été entreposées.

"On ignore si des Tchécoslovaques y ont eu seulement accès. Et la partie soviétique n'a livré aucun secret", dit Prokop Tomek, membre de l'Institut d'histoire militaire. "Mais il ne fait aucun doute que l'endroit avait été conçu à cette fin (de stockage d'ogives)".

Des missiles de courte portée et de portée intermédiaire, en mesure d'être équipés de têtes nucléaires, avaient été déployés en Tchécoslovaquie et certains avaient même été fournis à l'armée tchécoslovaque.

Une unité de 170 militaires soviétiques, sous le commandement direct de Moscou, était déployée en permanence dans ce silo souterrain.

Depuis le retrait de l'armée rouge en 1990-91, le bunker de Misov avait servi à stocker des tonnes de billets de banque tchécoslovaques retirés de la circulation à la scission du pays en 1992, ainsi qu'à entreposer les restes de 4.000 soldats allemands de la Seconde Guerre mondiale.

Jan Lopatka, Eric Faye pour le service français

 
Un ancien site souterrain de stockage d'ogives nucléaires soviétiques, dans les forêts de Bohême, va ouvrir prochainement ses portes en tant que musée consacré à la course aux armements atomiques durant la Guerre froide. /Photo d'archives/REUTERS/Petr Josek