Un cas d'anthropophagie dans une colonie du Nouveau monde

jeudi 2 mai 2013 14h45
 

WASHINGTON (Reuters) - Des colons installés à Jamestown, en Virginie, se sont livrés à du cannibalisme pour survivre au très dur hiver de l'année 1609, affirment mercredi des chercheurs de l'institut Smithsonian.

Les scientifiques ont déterminé qu'une jeune Anglaise de 14 ans avait été démembrée et mangée par des habitants affamés de cette colonie isolée et menacée par les indiens Powhatan.

Ses ossements ont été retrouvés lors de fouilles sur un site historique, avec des restes de chats, de chiens et de chevaux que les colons ont également mangés pour survivre au terrible hiver de cette année-là.

C'est la première preuve scientifique de cannibalisme à Jamestown, la plus ancienne colonie permanente britannique dans le Nouveau monde, ajoute le Smithsonian.

L'anthropologue Douglas Owsley, qui a analysé ses ossements, a établi que le corps de la jeune fille, identifiée sous le seul prénom de "Jane", avait été démembrée après sa mort. Son cerveau, sa langue, ses joues et les muscles de ses jambes semblent avoir été mangés.

Les découpes sont "très expérimentales, hésitantes", a-t-il dit. "Ce n'est pas le geste d'une personne ayant des aptitudes aux travaux de boucherie et pourtant ceux ou celles qui ont fait cela, par nécessité, savaient que c'est ce qu'ils avaient à faire."

Il n'a pu déterminer en revanche si Jane avait été assassinée ou si elle avait péri de mort naturelle avant de subir ce sort.

Deborah Zabarenko; Henri-Pierre André pour le service français

 
Reconstitution du visage d'une jeune fille élaborée à partir d'ossements retrouvés lors de fouilles à Jamestown, en Virginie. Selon des chercheurs de l'institut Smithsonian, des colons installés dans cette ville se sont livrés à du cannibalisme pour survivre au très dur hiver de l'année 1609. Ils ont déterminé à partir des restes exhumés qu'une jeune fille de 14 ans avait été démembrée et mangée par des habitants affamés de cette colonie isolée et menacée par les indiens Powhatan. /Photo diffusée le 1er mai 2013/ REUTERS/Donald Hurlbert/Smithsonian Institute