Un musée des coeurs brisés s'installe pour un mois à Paris

mercredi 19 décembre 2012 12h24
 

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Un musée des coeurs brisés, dans lequel sont exposés une centaine d'objets et de textes qui témoignent d'amours passées, s'installe mercredi soir pour un mois à Paris.

Dans un espace en béton au sous-sol du 104, dans le XIXe arrondissement de Paris, des colonnes blanches présentent aux visiteurs un canard en plastique, une alliance, une robe de mariée rouge, ou encore des escarpins achetés à Pigalle.

Autant de reliques de relations cassées, accompagnées d'un texte, de quelques mots, d'un poème, d'un cri, de deux dates, celles de début et de fin, et d'une ville.

Ici, une copie de L'Education sentimentale, de Flaubert, témoigne d'une relation parisienne qui aura duré 19 ans. "Un amour de jeunesse qui devint l'amour d'une vie", dit le texte qui l'accompagne. Là, des dreadlocks - mèches de cheveux emmêlés - immortalisent un amour de 7 ans, à Alfortville, qui a "laissé un énorme trou noir".

"Ces objets n'ont pas de valeur, c'est un marché aux puces, mais on essaie de les montrer avec dignité et de créer une sorte de temple", dit Olinka Vistica, l'une des deux commissaires de l'exposition. "Pour les gens, ça a un effet cathartique."

Comme dans toutes les villes où il s'est arrêté, ce musée itinérant, créé en 2006 en Croatie, s'est enrichi à Paris de reliques locales. Un appel aux dons a été lancé et 100 contributions ont été collectées en deux mois.

"J'ai tout de suite été attirée par ce projet car je suis une grande collectionneuse qui a du mal à jeter", confie l'une des donatrices. "L'idée d'offrir une deuxième vie à ces objets, d'en faire quelque chose, qui soit un intermédiaire entre rien et les garder dans une boîte à chaussures" m'a plu, dit-elle.

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Un musée des coeurs brisés, dans lequel sont exposés une centaine d'objets et de textes qui témoignent d'amours passées, s'installe mercredi soir pour un mois à Paris. Dans un espace en béton au sous-sol du 104, dans le XIXe arrondissement de Paris, des colonnes blanches présentent aux visiteurs une guitare, des dreadlocks et autres reliques de relations cassées. /Photo prise le 18 décembre 2012/REUTERS/Benoît Tessier