L'amiral Nelson souffrait d'un mal de mer chronique

mardi 11 décembre 2012 18h34
 

LONDRES (Reuters) - L'amiral Horatio Nelson, qui avait perdu un oeil et le bras droit lors de batailles navales, souffrait du mal de mer, révèle une lettre écrite par l'homme qui fait figure de héros ultime pour tous les petits Britanniques passionnés de la mer.

Dans un courrier adressé en 1804 au comte de Camden, secrétaire d'Etat à la Guerre de l'époque, Nelson évoque le neveu de ce dernier contraint d'abandonner une carrière dans la marine en raison du mal de mer.

Le héros de la bataille de Trafalgar (1805) y reconnaît qu'il lutte lui-même contre ce mal chronique depuis qu'il s'est enrôlé dans les rangs de la Royal Navy à l'âge de 12 ans.

"Je suis malade chaque fois que le vent souffle fort et seul mon amour enthousiaste pour ma profession me permet de rester en mer", écrit-il de son navire-amiral, le "HMS Victory".

Nelson avait déjà en fait évoqué ce problème récurrent.

En 1776, victime de nausées et de vomissements consécutifs à un épisode de paludisme, il admettait dans une lettre que le mal de mer le privait de tout humour.

Et en 1793, alors qu'il commandait le navire "HMS Agamemnon", l'amiral connaît un nouvel épisode de mauvais temps au large des côtes sud de l'Angleterre.

Pour les historiens de marine, cette affection a en fait servi Nelson, qui a cherché à l'instrumentaliser.

"Il s'est servi du mal de mer comme une façon d'exprimer son patriotisme, son sens du devoir et du sacrifice", avance James Davey, conservateur du Musée national maritime et d'histoire maritime.

La lettre destinée au comte de Camden est longtemps restée dans les archives privées de cette grande famille jusqu'à sa récente redécouverte. Elle est désormais exposée au Musée de Tunbridge Wells, dans le Kent.

Peter Schwartzstein, Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Gilles Trequesser

 
<p>Au centre de Londres, la statue de l'amiral Horatio Nelson juch&eacute; sur une colonne. Le h&eacute;ros de la bataille de Trafalgar (1805) souffrait du mal de mer, r&eacute;v&egrave;le une lettre &eacute;crite par l'homme qui fait figure de h&eacute;ros ultime pour tous les petits Britanniques passionn&eacute;s de la mer. /Photo d'archives/REUTERS/Russell Boyce</p>