Un village de l'est de l'Inde interdit le portable aux femmes

mercredi 5 décembre 2012 09h41
 

PATNA, Inde (Reuters) - Le conseil municipal d'un village de l'Etat de Bihar dans l'est de l'Inde a interdit aux femmes l'usage du téléphone portable estimant que cette pratique "dégradait l'atmosphère sociale" en favorisant les aventures amoureuses.

Le conseil municipal de Sunderbari, dans une région à majorité musulmane, a assorti cette restriction d'une amende de 10.000 roupies (150 euros) pour toute jeune fille surprise en train de téléphoner dans la rue.

Pour les femmes mariées, l'amende s'élève à 2.000 roupies (30 euros).

Manuwar Alam, qui préside un comité récemment créé pour mettre en vigueur ces mesures, a expliqué que les aventures amoureuses et extraconjugales se sont multipliées au cours des derniers mois.

Alam cite six cas de jeunes filles ou de femmes du village ayant déserté leur foyer au cours de cette période.

"Même les femmes mariées quittent leurs maris pour rejoindre leurs amants. C'est une honte. Nous avons donc décidé d'agir fermement. Les téléphones portables dégradent l'atmosphère sociale", a-t-il expliqué.

Des responsables locaux ont ouvert une enquête sur cette question, estimant que de telles interdictions vont à l'encontre des intérêts de la société.

Des organisations féministes ont dénoncé une remise en cause de la liberté qui pourrait avoir comme conséquence de priver les femmes d'un moyen de se défendre en cas de problème ou d'avances inopportunes de la part d'hommes.

"Je voudrais que chaque jeune fille reçoive un téléphone portable afin de pouvoir appeler un membre de sa famille en cas de problème", a commenté un militant de la cause des femmes.

Rédaction de New Delhi; Pierre Sérisier pour le service français

 
<p>Le conseil municipal d'un village de l'Etat de Bihar dans l'est de l'Inde a interdit aux femmes l'usage du t&eacute;l&eacute;phone portable. Il estime que cette pratique d&eacute;grade l'atmosph&egrave;re sociale en favorisant les aventures amoureuses. /Photo d'archives/REUTERS/Arko Datta</p>