3615 code recyclage, la dernière demeure des Minitels

mercredi 30 mai 2012 10h19
 

par Jean Décotte

PORTET-SUR-GARONNE, Haute-Garonne (Reuters) - Sans ménagement, Mehdi empoigne le Minitel et le fracasse d'un coup de marteau, fendant sa coque de plastique d'un geste à faire hurler les nostalgiques.

Une fois les vis retirées, cet ouvrier de l'entreprise toulousaine Envie 2E jette sur un tapis roulant circuits imprimés, tubes cathodiques, parties plastiques et fils de cuivre en vue de leur recyclage, un destin que s'apprêtent à connaître les 600.000 à 700.000 Minitels encore en circulation en France.

Le service de terminaux grand public, qui a permis à des millions de Français de consulter l'annuaire, d'obtenir leurs résultats d'examen ou encore de flirter sur des messageries "roses", tirera en effet sa révérence dans un mois, le 30 juin, après trois décennies de fonctionnement.

Quant aux appareils eux-mêmes, France Télécom a mis en place une collecte dans toute la France pour qu'ils soient démantelés chez Envie 2E à Portet-sur-Garonne, dans la banlieue toulousaine, puis recyclés.

Un crève-coeur pour bon nombre des 420.000 clients actifs que compte encore le terminal, commercialisé en 1982 par France Télécom et qui a connu son apogée dans les années 1990, avant qu'internet ne s'impose dans les foyers de l'Hexagone.

En 1994, on dénombrait 6 millions d'exemplaires de ces boîtiers beiges, bruns ou marrons en France et 25 millions d'utilisateurs.

"Le Minitel a 30 ans de vie commune avec les Français", résume Hélène Viot-Poirier, directrice des portails chez Orange France et responsable des activités digitales, dont le Minitel.

"C'était un produit fédérateur pour France Télécom, un élément de fierté. Ce produit va laisser une trace, au même titre que le Concorde ou le TGV."   Suite...

 
<p>Destruction et recyclage de Minitels &agrave; Portet-Sur-Garonne, dans le sud-ouest de la France, un destin que s'appr&ecirc;tent &agrave; conna&icirc;tre les 600.000 &agrave; 700.000 Minitels encore en circulation en France. Apr&egrave;s trois d&eacute;cennies de fonctionnement, le service de terminaux grand public, qui a permis &agrave; des millions de Fran&ccedil;ais de consulter l'annuaire, d'obtenir leurs r&eacute;sultats d'examen ou encore de flirter sur des messageries "roses", tirera en effet sa r&eacute;v&eacute;rence dans un mois, le 30 juin. /Photo prise le 23 mai 2012/REUTERS/Bruno Martin</p>