Retour du rock en Afghanistan après 30 ans d'interdits

dimanche 2 octobre 2011 14h57
 

par Martin Petty

KABOUL (Reuters) - Après plus de trente ans d'absence, le rock a fait son grand retour samedi en Afghanistan où plusieurs centaines de personnes se sont balancées au rythme du son craché par de puissants haut-parleurs dans le cadre du festival Sound Central de Kaboul.

Des groupes australiens, ouzbèkes, kazakhs et afghans ont offert près de six heures de blues, rock indé, musique électronique et death metal à près de 500 fans venus de tout le pays pour assister, pour une grande partie d'entre eux, au premier concert de leur vie.

Dans un pays où la musique était interdite sous le régime des taliban et où les disquaires et les chanteurs restent la cibles d'attaques et de railleries, le festival de Kaboul revêt un caractère tant historique que symbolique.

Les organisateurs se sont toutefois pliés aux traditions culturelles et religieuses du pays : l'alcool y a été banni, les kebabs étaient les seuls casse-croûte proposés aux festivaliers et les concerts ont été interrompus à deux reprises pendant quelques minutes le temps pour les muezzins des mosquées environnantes de lancer l'appel à la prière.

"Là où j'habite, il n'y a rien de la sorte. J'en ai entendu parler et j'ai décidé de venir", explique Ahmad Shad qui a fait la route depuis Kandahar, ville du sud du pays en proie à une vague de violences, pour assister à cette première. "Je suis venu pour échapper au cancer des taliban et c'est réconfortant."

Placé sous haute surveillance en raison des risques d'attentats, le concert, qui se tenait dans le parc de Bagh-e Babur, a attiré plus de 450 festivaliers et de nombreuses personnes continuaient de converger vers les jardins de la capitale.

Galvanisés par l'ambiance, de jeunes Afghans levaient les bras en l'air et acclamaient le groupe de musique local White Page, donnant du fil à retordre aux services de sécurité manifestement dépassés par les événements.

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