A Pékin, une loterie pour freiner le flot de nouvelles voitures

mercredi 26 janvier 2011 12h54
 

par Fang Yan et Ken Wills

PEKIN (Reuters) - "Je suis tellement déçu ! Et je ne comprends pas pourquoi tout d'un coup il faut gagner à une loterie pour acheter une voiture. Je pensais que le gouvernement encourageait la consommation."

Devant son écran d'ordinateur sur lequel il consulte les résultats, Alan Lin, un employé de bureau de 32 ans et candidat malchanceux, exprime son incompréhension. Comme de nombreux Chinois espérant acheter une voiture, il a tenté sa chance mercredi à la première loterie aux cartes grises organisée par la municipalité de Pékin.

Mais la plupart sont repartis les mains vides. Le tirage au sort effectué par informatique a été diffusé en direct à la télévision publique. Au bout de vingt minutes, 17.600 vainqueurs seulement ont été désignés, sur un total de 187.420 candidats.

Pourquoi ? La réponse se trouve dans les rues embouteillées de Pékin.

En 2009, la Chine a ravi aux Etats-Unis la place de premier marché automobile mondial, et les grands constructeurs du monde entier viennent profiter de la demande croissante et du pouvoir d'achat en hausse dans un pays qui est devenu la deuxième économie mondiale.

L'ampleur du phénomène est telle que les rues des grandes villes chinoises sont désormais largement congestionnées. A Pékin, où l'on estime qu'il y aura en 2012 sept millions de véhicules, il faut souvent une heure pour faire en voiture certains trajets qui prendraient 45 minutes à pied, et ce même en dehors des heures de pointe.

Alors que le rythme des nouvelles immatriculations ne cessait d'accélérer, la municipalité de Pékin a décidé de les limiter à 20.000 par mois, un chiffre qui ne fera que ralentir la dégradation de la situation dans les rues de la capitale.

En janvier, environ dix candidats à la loterie sur onze ont été écartés, et devront retenter leur chance au cours des prochains mois.   Suite...