June 11, 2010 / 3:36 PM / 7 years ago

Mondial: d'Uruguay en Afrique du Sud en Mehari

4 MINUTES DE LECTURE

par Angus MacSwan

KIMBERLEY, Afrique du Sud (Reuters) - Mario Sabah et ses deux fils, Ismael et Matias, ont tenu leur folle promesse.

Il y a un an, alors qu'ils effectuent un tour du monde à bord de leur vieille Citroën Mehari, ces trois Uruguayens rencontrent en Turquie le capitaine de la Celeste, Diego Lugano, qui évolue à Fenerbahce.

"Lugano nous a dit que si l'Uruguay se qualifiait pour la Coupe du monde, nous devrions y être. Nous lui avons fait une promesse", explique Matias à Reuters devant l'hôtel de la sélection nationale à Kimberley, en Afrique du Sud.

Partis en février 2007 de Montevideo, le père de 56 ans et ses deux fils de 28 et 25 ans ont d'abord traversé le continent américain puis l'Europe. Après la Turquie, ils ont pris la direction de l'Iran, du Pakistan et de l'Australie.

C'est là qu'ils apprennent en novembre dernier la qualification de l'Uruguay en barrage contre le Costa Rica.

"Nous avons alors modifié tout notre voyage", raconte Matias.

Ils bifurquent vers le Timor oriental puis l'Indonésie, où ils embarquent la Mehari à bord d'un cargo direction Durban.

100,000 Km, 41 Pays

Mercredi, ils ont été récompensés de leur périple en étant accueillis par Lugano et ses coéquipiers. Ils ont même pu quitter un temps leur Mehari et monter à bord du bus des joueurs pour les accompagner à l'entraînement.

En trois ans et demi de voyage, la famille Sabah a parcouru plus de 100.000 kilomètres et traversé 41 pays à bord de sa courageuse voiture, qui tracte une remorque avec tous les effets personnels des garçons.

"Nous avons vendu tout ce que nous avions pour réaliser ce rêve", explique Mario, qui dirigeait une entreprise d'éclairage et électricité. "Le voyage a réellement débuté lorsque nous avons commencé à être à court d'argent. Avant cela, tout avait été facile."

En chemin, ils ont levé des fonds auprès de sponsors ponctuels et des Uruguayens qu'ils ont croisés.

La Mehari bleue est désormais couverte d'autocollants - notamment de tous les concessionnaires Citroën qui l'ont retapée en route - et on devine à peine le slogan des trois voyageurs "une famille, une voiture, un monde, un rêve".

Mario et ses deux fils regorgent évidemment d'anecdotes. Ismael cite le froid glacial du Canada et la chaleur étouffante du Pakistan comme ses souvenirs les plus marquants.

Les disputes dans la carlingue exiguë ont aussi été monnaie courante.

Désormais unis derrière la Celeste, ils ont prévu d'assister aux trois matches du premier tour, contre la France vendredi au Cap, puis contre l'Afrique du Sud à Pretoria et le Mexique à Rustenburg, ce qui leur promet encore quelques centaines de kilomètres au compteur.

"Nous ne sommes pas des supporters fanatiques mais nous aimons notre pays. Cette équipe fait partie de notre pays et nous sommes là pour elle", explique Matias. "Si nous avons pu aller si loin avec cette voiture, alors l'Uruguay peut être championne du monde."

Clément Dossin pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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