La photo d'un député espagnol utilisée pour "vieillir" Ben Laden

samedi 16 janvier 2010 23h13
 

MADRID (Reuters) - Le député de gauche espagnol Gaspar Llamazares s'est dit "stupéfait" samedi de voir que le FBI avait utilisé une de ses photographies pour actualiser le portrait d'Oussama ben Laden dans l'avis de recherche officiel lancé contre le chef d'Al Qaïda.

Le député de Madrid, élu de la Gauche unie, n'exclut pas d'engager des poursuites contre les autorités américaines.

"Je vais d'abord demander au FBI des explications, que j'attends toujours, et ensuite je me réserve le droit d'engager une procédure judiciaire", a-t-il dit à la chaîne américaine CNN.

"Ces derniers jours, j'ai vu que les services de sécurité étaient impliqués dans des choses bien curieuses et commettaient de graves erreurs mais je n'aurais jamais imaginé que tout cela me concernerait un jour aussi directement", a-t-il ajouté.

La photo la plus récente de Ben Laden dont disposent les services de renseignement américains remonte à 1998 et il a été décidé de la retoucher pour tenir compte du vieillissement du dirigeant islamiste.

Le FBI a reconnu qu'il y avait des similitudes entre le portrait retouché et "une photographie existante d'un responsable politique espagnol".

Un de ses agents, Jason Pack, a admis qu'un expert chargé de revoir le portrait de Ben Laden avait utilisé une photo trouvée sur internet. Cet expert "ignorait l'identité de la personne représentée sur ce cliché", a-t-il assuré.

Pack a précisé que l'image controversée allait être retirée du site officiel "Rewards for Justice" du département d'Etat.

"Je suis stupéfait de voir que le FBI a utilisé ma photo - mais ça aurait pu être la photo de n'importe qui d'autre - pour dresser le portrait d'un terroriste. C'est une atteinte à mon honneur, à mon image et à notre sécurité à tous", a dit Llamazares.

Un conseiller de l'ambassade des Etats-Unis à Madrid, William Ostic, a déclaré à Reuters qu'il avait téléphoné samedi au parlementaire espagnol afin de lui présenter des excuses pour cette "erreur".

Judy MacInnes, Raquel Castillo et Iain Rogers à Madrid, Jasmin Melvin à Washington, version française Guy Kerivel