Au Gabon, la longue pause de la mi-journée jetée aux orties

lundi 4 janvier 2010 18h28
 

LIBREVILLE (Reuters) - Les Gabonais sont désormais priés de commencer plus tôt la journée de travail et d'oublier la traditionnelle pause de deux heures de la mi-journée.

Une directive gouvernementale, en vigueur depuis lundi et inspirée par la politique réformatrice du nouveau président Ali Bongo, vise officiellement à améliorer la productivité.

"Dégraisser" les effectifs pléthoriques de la fonction publique et encourager les entreprises à diversifier une économie fondée sur l'"or noir" et le bois étaient les deux axes du programme politique du candidat Bongo Jr, vainqueur de la présidentielle du mois d'août.

Désormais, la journée de travail commencera à 07h30 pour s'achever à 15h30, afin de compenser la disparition de la généreuse pause-déjeuner très prisée dans les anciennes colonies françaises d'Afrique de l'Ouest et du Centre où magasins et administrations ferment leurs portes le temps de la sieste.

La pause est dorénavant limitée à une demi-heure, stipule la directive gouvernementale, qui précise que ces mesures s'appliquent aussi bien au secteur public qu'au privé.

Les premières mesures prises par le nouveau chef de l'Etat ont été plutôt bien accueillies (lutte contre la corruption, gel des salaires des patrons des entreprises d'Etat et "dégraissage" de la fonction publique).

Mais la tâche s'annonce rude pour faire redémarrer une économie qui, selon les prévisions, devrait croître de 2,6% en 2010 alors que le gouvernement tablait sur un taux de croissance annuelle de 10%.

Ali Bongo a succédé à son père, Omar Bongo, décédé l'été dernier à Barcelone après 41 ans passés à la tête du pays.

Linel Kwatsi, version française Jean-Loup Fiévet

 
<p>Dans une rue de Libreville. Les Gabonais sont d&eacute;sormais pri&eacute;s de commencer plus t&ocirc;t la journ&eacute;e de travail et d'oublier la traditionnelle pause de deux heures de la mi-journ&eacute;e. /Photo d'archives/REUTERS/Daniel Magnowski</p>