La testostérone perd son agressivité légendaire

mercredi 9 décembre 2009 15h47
 

LONDRES (Reuters) - Battant en brèche une idée reçue, une étude a montré que la testostérone ne provoquait pas d'agressivité chez les êtres humains.

Cette hormone sexuelle, souvent associée à un comportement agressif et égocentrique, encouragerait au contraire un comportement équitable, surtout s'il favorise le statut social, expliquent des chercheurs suisses et britanniques.

"Nous avons voulu vérifier comment cette hormone agit sur les comportements sociaux", a déclaré Christoph Eisenegger, neuroscientifique à l'Université de Zurich, qui a collaboré à cette étude. "Nous nous sommes intéressés à la question: qu'est-ce qui est vrai et qu'est-ce qui relève du mythe ?"

L'étude, publiée dans la revue Nature, a porté sur environ 120 femmes, dont certaines avaient reçu de la testostérone et d'autres un placebo. Les participantes devaient négocier entre elles pour obtenir de l'argent en faisant des offres plus ou moins équitables jusqu'à l'obtention d'un accord.

"Si l'on en croit l'opinion commune, les sujets ayant reçu de la testostérone auraient dû adopter une stratégie agressive, égocentrique et prendre des risques, sans se soucier d'éventuelles conséquences négatives sur le processus de négociation", a expliqué Christoph Eisenegger.

Les résultats ont montré tout le contraire. Les femmes qui avaient reçu de la testostérone ont généralement fait des offres plus équitables que celles qui avaient pris un placebo, réduisant le risque de rejet de leur offre.

Les chercheurs estiment que ces résultats suggèrent que la testostérone augmente la sensibilité du sujet à son statut social. Chez l'animal, où le modèle dominant-dominé régit les relations au sein d'un groupe, cela peut se traduire par de l'agressivité. En revanche chez l'homme, la vie en société requiert une approche plus subtile et moins combative.

La littérature de vulgarisation scientifique, l'art et les médias, expliquent-ils, ont longtemps associé la testostérone - souvent considérée comme l'hormone mâle par excellence alors que les deux sexes en produisent - à un comportement agressif.

Cette réputation avait notamment été confirmée par des expériences menées sur des rongeurs mâles et qui montraient que la castration entraînait une baisse de la combativité.   Suite...

 
<p>Battant en br&egrave;che une id&eacute;e re&ccedil;ue, une &eacute;tude a montr&eacute; que la testost&eacute;rone ne provoquait pas d'agressivit&eacute; chez les &ecirc;tres humains. /Photo d'archives/REUTERS/Denis Balibouse</p>