Quand Poil, Longcochon et Vinsobres rêvent de notoriété

mercredi 24 juin 2009 14h49
 

NANTES (Reuters) - Trécon, Vatan, Poil et autres villages de France au nom insolite, loin de s'attrister des ricanements qu'ils suscitent, veulent tirer parti de leur notoriété bien involontaire pour sortir de l'anonymat.

Les septièmes "Rencontres des communes aux noms burlesques", qui se tiendront cette année les 11 et 12 juillet à Bouzillé (Maine-et-Loire), à mi-chemin entre Nantes et Angers, auront un objet de fierté entre les mains : un livre à leur gloire.

"Ces rencontres sont une occasion inespérée pour ces villages de sortir de l'anonymat et d'être une fois par an le centre de la France", a dit mercredi Patrick Lasseube, coauteur de l'ouvrage et président d'un groupement de 34 communes qui revendiquent leur nom "pittoresque ou chantant".

Yves Fouquet, maire de Vatan, une commune "très accueillante" de l'Indre située entre Vierzon et Châteauroux, estime que le jeu en vaut la chandelle.

"Cela permet de tourner le ridicule en notre faveur", a-t-il estimé. "Grâce à cela, nous avons reçu la visite de télévisions belge, anglaise ou néerlandaise. Cela a eu des retombées économiques positives sur les gîtes ou notre camping."

Mais avoir un nom insolite n'a pas que des avantages.

"Au moins deux fois par an, on se fait dérober nos panneaux d'entrée et de sortie de commune", explique Jean-Emile Boulez, maire de Poil, un petit village de 161 habitants de la Nièvre.

"Tout cela a un coût pour l'habitant. En adhérant au groupement des communes aux noms burlesques, cela nous a au moins permis de tirer profit de cette notoriété", ajoute-t-il.

Parmi les autres communes membres, figurent Corps-Nuds (Ille-et-Vilaine), Longcochon (Jura), Monteton (Lot-et- Garonne) ou encore Vinsobres, une commune de la Drôme située dans les vignes des Côtes-du-Rhône.

"Sur les 36.800 communes de France, environ 150 ont le potentiel pour adhérer à notre groupement", calcule Patrick Lasseube.

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse