Le PM japonais soumis par un opposant à un test de lecture

mardi 20 janvier 2009 12h22
 

TOKYO (Reuters) - Un député de l'opposition a mis au défi le Premier ministre japonais, Taro Aso, de lire certains caractères complexes de l'écriture nippone, avec lesquels la presse assure qu'il n'est guère familier.

Taro Aso, dont la popularité est tombée en dessous de 20% à la suite d'une série de bourdes et autres ratés, a la réputation d'être un amateur de mangas et d'avoir du mal à déchiffrer certains kanjis, éléments très complexes, empruntés aux Chinois, d'un des trois ensembles de l'écriture japonaise.

Lors d'un débat consacré au collectif budgétaire, un député du Parti démocrate, Hajime Ishii, a brandi au parlement un panneau blanc portant 12 combinaisons de kanjis, laissant entendre qu'elles étaient sans doute trop complexes pour que le chef du gouvernement puisse les lire correctement à haute voix.

Taro Aso n'a pas relevé le gant, mais, prié de dire s'il était bel et bien l'auteur d'un long essai paru sous son nom à la fin 2008 dans un magazine, il a répondu tout sourire et avec une politesse toute japonaise : "J'ai horreur de vous décevoir, mais j'en suis bel et bien l'auteur".

Les kanjis ne sont que l'un des éléments de l'écriture japonaise, avec les deux syllabaires, nettement plus simples, que sont les kataganas et les hiraganas.

Les difficultés de Taro Aso pour déchiffrer les kanjis, lorsqu'il lit ses discours ou fait des réponses toutes préparées au parlement, ont conduit certains internautes à le surnommer "KY Aso", jeu sur une expression argotique utilisée par les adolescents et signifiant "Kuuki Yomenai", soit "hors jeu".

Certains blogueurs l'appellent même "Triple KY", parce que, au-delà de ses problèmes de lecture, il hésite à dissoudre la chambre basse de la Diète (kaisan) en vue de législatives anticipées et ne réussit pas à relancer l'économie (keiki).

Yoko Nishikawa, version française Eric Faye

 
<p>Un d&eacute;put&eacute; de l'opposition a mis au d&eacute;fi le Premier ministre japonais, Taro Aso, de lire certains caract&egrave;res complexes de l'&eacute;criture nippone, avec lesquels la presse assure qu'il n'est gu&egrave;re familier. /Photo prise le 13 janvier 2009/REUTERS/Kim Kyung-Hoon</p>