Vers un retour au traitement forcé des ivrognes russes ?

vendredi 7 novembre 2008 18h06
 

SAINT-PETERSBOURG (Reuters) - Le ministre russe de l'Intérieur, Rachid Nourgaliev, a proposé de renouer avec la pratique soviétique consistant à soigner de force les alcooliques, notamment en les envoyant en camps de travail.

Le ministre a fait valoir au président Dmitri Medvedev que les délits liés à l'alcoolisme demeurent un problème aigu et que l'on recense 253.000 alcooliques chroniques.

Cependant, la réalité est bien pire encore, a-t-il déploré lors d'une réunion de responsables du maintien de l'ordre organisée dans un commissariat de police de Saint-Pétersbourg.

Les Russes figurent parmi les plus gros consommateurs d'alcool au monde avec 15 litres d'alcool pur par habitant et par an, a révélé l'an dernier Gennady Onichtchenko, responsable de la santé publique, dans une interview à un journal.

Les autorités russes s'efforcent depuis des décennies de lutter contre ce fléau, mais la distillation clandestine a toujours réussi à court-circuiter les directives officielles destinées à réduire l'alcoolisme.

Dans les années 1960, les alcooliques étaient envoyés dans des camps de rééducation par le travail.

Selon l'Institut Serbsky de Moscou pour la psychiatrie sociale et médico-légale, la proportion d'alcooliques pourrait être supérieure à 10% des 142 millions de Russes.

Cette consommation excessive d'alcool est considérée comme l'une des causes de la faible espérance de vie des hommes en Russie.

Denis Dyomkine à Saint-Pétersbourg et Dmitri Soloviov à Moscou, version française Nicole Dupont