La haute couture appelée au chevet d'une Vierge noire à Toulouse

mercredi 24 septembre 2008 14h19
 

TOULOUSE (Reuters) - Les paroissiens de la basilique de la Daurade, à Toulouse, en appellent aux grands couturiers pour remplacer la garde-robe usée de la Vierge noire de leur église.

Ils viennent d'écrire aux plus grands noms de la haute couture, de Sonia Rykiel à Valentino, afin d'obtenir un don de leur part.

"De tous temps, notre Vierge noire a été habillée par des mécènes de la ville ou de la région. Cette fois, nous nous sommes demandés si les grands couturiers mondiaux, pour la plupart français, accepteraient de faire un geste pour elle", a expliqué mercredi à Reuters Annie Dreuille, membre de l'association de sauvegarde de Notre-Dame de la Daurade.

L'édifice religieux situé dans le centre-ville, au bord de la Garonne, héberge une Vierge noire depuis le Ve siècle.

La garde-robe de la madone est pour l'instant constituée de quatre parures élimées et souvent trouées qui sont régulièrement changées au rythme des temps liturgiques de l'église.

Parmi les couturiers contactés figurent Sonia Rykiel, Christian Lacroix, Jean-Charles de Castelbajac, Paco Rabanne, Pierre Bergé pour Yves Saint-Laurent, ainsi que les maisons italiennes Valentino, Prada et Gucci.

"L'un ou plusieurs d'entre eux accepteront peut-être d'offrir une robe à notre Vierge et au Jésus qu'elle tient dans ses bras", espère Annie Dreuille.

Haute de plus de deux mètres, la Vierge noire de l'église de la Daurade est la plus visitée du sud de la France. Surtout réputée pour protéger les femmes enceintes, elle porte au cou un pendentif promettant aux croyants une "heureuse délivrance".

"Au siècle dernier encore, la Vierge noire était amenée dans les rues de Toulouse, comme cela se fait encore beaucoup en Amérique du Sud au lendemain de catastrophes telles que des inondations ou des incendies", a raconté Annie Dreuille.

"Les capitouls de Toulouse (sortes de "seigneurs" qui régnaient sur la ville jusqu'au XVIIIe siècle, NDLR) lui offraient régulièrement une robe", a-t-elle ajouté.

Nicolas Fichot, édité par Gilles Trequesser