10 mars 2014 / 17:04 / il y a 3 ans

A la recherche des restes de Cervantès dans un couvent de Madrid

Monument en l'honneur de Miguel de Cervantès dans le centre de Madrid. Un historien espagnol, Fernando Prado, va utiliser les technologies les plus perfectionnées pour tenter de retrouver à partir du mois prochain dans un couvent madrilène les restes de l'auteur de "Don Quichotte". /Photo prise le 7 mars 2014/Susana Vera

MADRID (Reuters) - Un historien espagnol, Fernando Prado, va utiliser les technologies les plus perfectionnées pour tenter de retrouver à partir du mois prochain dans un couvent madrilène les restes de Miguel de Cervantès, l'incomparable auteur de "Don Quichotte".

Près de 400 ans après la mort du "manchot de Lépante", Fernando Prado a obtenu le soutien financier de la municipalité de Madrid et l'autorisation de la douzaine de religieuses cloîtrées qui vivent dans le couvent où se dresse la vieille église des Trinitaires.

Né en 1547 à Alcala de Henares, Cervantès est mort en avril 1616 -la même semaine que William Shakespeare. Il avait demandé à être inhumé à Madrid dans le couvent des Trinitaires, l'ordre religieux qui avait contribué à rassembler la rançon de son rachat lorsqu'il était esclave des barbaresques à Alger.

L'emplacement exact de sa tombe a été oublié au fil des siècles, en raison notamment des multiples aménagements apportés au couvent.

Si les restes du grand écrivain sont retrouvés, outre l'intérêt purement historique et culturel, "ce sera une publicité énorme, avec des revenus et des emplois à la clé", a expliqué à Reuters Fernando Prado.

Pour le moment, seules deux petites plaques, sur le mur du couvent et à l'intérieur de l'église, rappellent que Don Miguel a été enterré en ce lieu.

"OBLIGATION MORALE"

"C'est pour nous une obligation morale de retrouver ses restes car Cervantès a beaucoup fait et fait encore beaucoup pour la gloire de l'Espagne", souligne l'historien.

En septembre dernier, la municipalité de Madrid a décidé de financer à hauteur de 12.000 euros la première étape des recherches.

Les opérations techniques seront dirigées par Luis Avial, réputé pour ses travaux sur des scènes de crime en Espagne et qui utilise notamment des radars géologiques pour déterminer où des restes humains sont enterrés.

"C'est l'un des cas les plus passionnants que nous ayons à traiter", reconnaît l'anthropologue et légiste Francisco Etxeberria, dont la société scientifique Aranzadi analysera les résultats des prospections par radar.

Etxeberria a déjà travaillé sur une centaine d'exhumations de victimes de la guerre civile qui a ravagé l'Espagne entre 1936 et 1939.

Pour Fernando Prado, si les recherches aboutissent, il devrait être facile d'identifier les restes de Cervantès, qui avait été blessé à la poitrine lors de la bataille navale de Lépante contre les Turcs en 1571 et avait perdu l'usage de la main gauche.

"Si nous trouvons à cet endroit, où très peu de gens sont enterrés, les restes d'un homme âgé avec des marques de blessures au bras gauche et à la poitrine, je pense qu'au moins je ne me serai pas battu contre des moulins!", dit-il.

Guy Kerivel pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below