CORRECTION-Air France-KLM réduit la voilure sur tous les fronts

jeudi 19 février 2015 19h37
 

(Dans le 1er paragraphe, prière de lire dollar au lieu d'euro.)

PARIS, 19 février (Reuters) - Air France-KLM accélère ses économies et repousse ses objectifs de réduction de dette, estimant que la hausse du dollar et la baisse de ses recettes pourraient quasiment effacer en 2015 les gains attendus du recul du prix du kérosène.

Le groupe franco-néerlandais, qui a publié trois avertissements sur ses résultats l'an passé, a précisé jeudi viser une dette nette d'environ cinq milliards d'euros fin 2015, contre 4,5 milliards auparavant et 5,41 milliards fin 2014.

Le numéro deux européen du transport aérien derrière la compagnie allemande Lufthansa a également ajusté son objectif de ratio dette nette ajustée sur Ebitdar (excédent brut d'exploitation avant locations opérationnelles), désormais prévu autour de 2,5 en 2017 contre moins de 2,5 auparavant.

Dans ce contexte, le groupe a décidé de réduire ses investissements de 300 millions d'euros en 2015 et d'autant en 2016, sur une enveloppe annuelle d'environ deux milliards prévue à l'origine, entraînant un report d'achats d'avions moyen- et long-courriers.

Le groupe a également accéléré son objectif de réduction de coûts unitaires pour la période 2015-2017 à 1,5% par an, contre 1-1,5% auparavant. Pour cette année, Air France-KLM prévoit une réduction de 1 à 1,3%, soit 250 à 350 millions d'euros d'économies.

Air France, qui a déjà supprimé 8.000 emplois en trois ans, a détaillé vendredi dernier un nouveau plan de réduction de 800 postes au sol et chez les hôtesses et stewards et des mesures de modération salariale.

Le groupe, affecté par une dégradation de ses recettes depuis l'été dernier et par la grève des pilotes d'Air France qui a entamé son résultat d'exploitation de 425 millions d'euros, ne s'est risqué à aucun objectif de résultats pour 2015.

Le début de l'année reste "incertain", souligne Air France-KLM, citant notamment le recul de ses recettes en Asie face à une concurrence exacerbée et la baisse du trafic lié au secteur pétrolier en Afrique en conséquence de la baisse des prix du brut.   Suite...