Nissan pourrait réduire la voilure dans les batteries-sources

lundi 15 septembre 2014 08h04
 

par Laurence Frost

PARIS, 15 septembre (Reuters) - Le PDG de Nissan, Carlos Ghosn, se prépare à réduire l'activité de production de batteries, a-t-on appris de sources proches du dossier, un nouveau revirement sur les voitures électriques qui a rouvert de profondes divisions avec le partenaire de l'alliance, Renault .

Le projet, qui suscite une vive résistance au sein du constructeur automobile japonais, passerait par un arrêt progressif de la production de batteries de Nissan aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, ainsi qu'une réduction de la production pour les batteries de prochaine génération, qui serait concentrée sur la 3e usine de batteries de Nissan, au Japon, la plus grande des trois, ont indiqué à Reuters deux sources de l'alliance.

Nissan emboîterait alors le pas à Renault en se fournissant à son tour en batteries meilleur marché auprès du sud-coréen LG Chem pour certains véhicules futurs, y compris des modèles fabriqués en Chine.

"On a voulu être un leader de fabrication de batteries. Ça s'est avéré moins performant qu'on avait prévu", a dit un responsable sous couvert d'anonymat, ajoutant que Nissan avait toujours entre six mois et un an de retard sur LG en terme de rapport prix-performance.

Une décision sur les usines de batteries de Nissan à Sunderland, en Grande-Bretagne, et à Smyrna, au Tennessee, est attendue le mois prochain, à l'issue d'une étude tendue des approvisionnements de Nissan et de Renault, son partenaire de plus petite taille mais qui détient 43,4% du groupe japonais, ont ajouté les sources.

"Renault préfère clairement poursuivre la voie du 'sourcing' LG, et les ingénieurs de Nissan préféreraient clairement qu'il reste en interne", a déclaré une autre source interne. "Les coûts de dépréciations sont potentiellement massifs."

Renault-Nissan "reste engagé à 100% dans son programme de véhicules électriques où il est leader du secteur" et n'a aucune intention de déprécier des investissements dans les batteries, a déclaré à Reuters Rachel Konrad, porte-parole de l'alliance.

"Nous n'avons pas pris la moindre décision, quelle qu'elle soit, sur une modification de la répartition des approvisionnements de batteries", a-t-elle poursuivi, ajoutant que l'alliance "ne confirme, ni ne dément, qu'il y ait des études sur les approvisionnements."   Suite...