2 mars 2011 / 08:01 / il y a 7 ans

LEAD 2 Ipsen - Une année 2011 charnière après les revers de 2010

* Baisse de 39% du bénéfice net pdg en 2010, charge de 80 mlns

* Le CA 2011 en médecine de spécialités vu en hausse de 8%

* Le CA 2011 en médecine générale vu en baisse de 8% à 10%

par Noëlle Mennella

PARIS, 2 mars (Reuters) - 2011 sera une année charnière pour Ipsen IPA.PA après plusieurs revers de sa recherche qui ont fait chuter le titre du laboratoire pharmaceutique de 41% en 2010 et conduit au départ de son président Jean-Luc Bélingart.

Son nouveau président Marc de Garidel aura la charge de définir une nouvelle stratégie pour un groupe qui pèse 1,1 milliard d‘euros, dont 62% générés par des médicaments de spécialité (oncologie, endocrinologie, neurologie, hématologie) générateurs de fortes marges.

Transfuge de la biotech américaine Amgen (AMGN.O), Marc de Garidel, qui a pris les rênes d‘Ipsen en novembre, a prévenu qu‘il ne présenterait qu‘au cours du deuxième trimestre les grandes lignes de sa stratégie à moyen et long terme.

Pour l‘exercice 2010, Ipsen, contrôlé à hauteur de 73% par la famille Beaufour, a annoncé mercredi des résultats affaiblis par des pertes de valeurs et dépréciations non cash et non récurrentes de 80,3 millions d‘euros après impôts.

Le bénéfice net part du groupe a baissé de 39,1% à 95,3 millions d‘euros et le résultat opérationnel de 25,3% à 128,8 millions.

Pour 2011, Ipsen prévoit une hausse proche de 8% de ses ventes de médecine de spécialité et une baisse de 8% à 10% de ses ventes de médecine générale.

Marc de Garidel, dans un communiqué, observe que ces résultats illustrent les grands axes de la stratégie d‘Ipsen : une croissance forte des médicaments de spécialité, une présence historique sur les marchés émergents, une contribution importante des partenariats à la croissance ainsi qu‘un investissement soutenu en R&D.

LE SOUTIEN DES PAYS ÉMERGENTS

Pour 2011, il souligne simplement que le groupe “mène actuellement une revue stratégique approfondie de ses actifs afin de choisir les leviers de croissance qui lui permettront de maximiser tout son potentiel à l‘avenir”.

Les analystes d‘Exane BNP Paribas estiment, sur la base de leur appréciation des bases de coûts des concurrents d‘Ipsen, “que des réductions de coûts pourraient être une option pour le nouveau président du groupe”.

Selon eux, les choix stratégiques de Marc de Garidel “devraient être dictés par l‘objectif de remontée des marges en s‘appuyant à court terme sur les pays émergents et à l‘horizon 2013-2014 sur les opérations américaines”.

Parmi les atouts de la société, ils évoquent la toxine botulique Dysport qui pourrait selon eux générer près de 45% de l‘Ebit d‘Ipsen d‘ici 2015, contre 20% en 2009.

Chez Natixis, Béatrice Muzard juge qu‘un retour sur le titre pourrait être justifié si Ipsen annonçait “un plan de restructuration, une idée pour faire levier sur la structure américaine ou se développer davantage dans les pays émergents”. Elle pense aussi que le Dysport sera un moteur de la croissance à venir du groupe.

Parmi les autres grands produits commercialisés par le groupe figurent le Decapeptyl (cancer) et la somatuline (endocrinologie).

En Bourse, l‘action Ipsen se négocie à des niveaux très proche des 22 euros, prix auquel elle a été introduite fin 2005. Elle a clôturé mardi à 24,7 euros, faisant ressortir une capitalisation boursière de deux milliards d‘euros.

“L‘action a sous-performé le marché de 44% en 2010 à cause d‘importants revers dans sa recherche et au niveau opérationnel”, commentent les analystes d‘Exane BNP Paribas.

Selon Aurel BCG, Ipsen souffre d‘une décote de 25% par rapport à ses comparables européens sur la base du ratio valeur d‘entreprise sur résultat opérationnel attendu en 2011.

PAS DE BÉNÉFICE DU DOUTE

Depuis son introduction en Bourse, Ipsen a axé son développement sur l‘internationalisation et les produits de spécialités où les marges sont plus élevées et où la concurrence des génériques est moindre.

Pour réaliser ses objectifs et l‘aider à supporter les coûts des développements cliniques, il a privilégié une stratégie d‘alliances avec les plus grands laboratoires mondiaux.

Ipsen a aussi multiplié les acquisitions, aux Etats-Unis notamment avec le rachat de Tercica et Vernalis en 2008 pour 500 millions de dollars.

Depuis, le groupe a lancé un avertissement sur ses résultats aux États-Unis et a renoncé à son objectif de 300 millions de dollars de revenus outre-Atlantique en 2012.

A la suite de revers sur l‘antidiabétique taspoglutide et le BIM 23A760 dans le traitement des problèmes de croissance, Ipsen a annoncé au début février des dépréciations d‘actifs d‘un montant net compris entre 65 et 85 millions d‘euros. Et Roche ROG.VX a annoncé l‘abandon du taspoglutide. (voir [ID:nLDE71103E])

“Ipsen est un peu au milieu du gué, c‘est la raison pour laquelle personne ne lui donne le bénéfice du doute et que les investisseurs ont un peu jeté le bébé avec l‘eau du bain ces derniers mois. Maintenant, on va attendre la revue stratégique”, résume un analyste sous couvert d‘anonymat.

* Le communiqué d'Ipsen : here

* BioMérieux/Ipsen - Nouveau partenariat en médecine personnalisée [nLDE71O0L8]

* Principales données financières sur Ipsen :

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(Edité par Dominique Rodriguez)

Reportage économique. Tél 01 49 49 53 82 Reuters Messaging : noelle.mennella.reuters.com@reuters.net

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