12 août 2008 / 06:37 / il y a 9 ans

LEAD 3 UBS se restructure en trois unités après la perte du T2

(complété avec déclarations de la direction, commentaires d'analystes, cours de Bourse)

ZURICH, 12 août (Reuters) - UBS UBSN.VX a annoncé mardi son intention de refondre ses activités après une perte plus lourde que prévu au deuxième trimestre, conséquence de nouvelles dépréciations d'actifs.

Le numéro un de la banque en Suisse renonce ainsi à sa stratégie de "banque intégrée", reconnaissant dans un communiqué que ce modèle a souffert de faiblesses qui constituent une source de risques non-négligeables.

Le groupe va donc se réorganiser en trois entités autonomes dotées de pouvoirs et de responsabilités opérationnels accrus, et espère ainsi faire face avec plus d'efficacité et de flexibilité aux évolutions du secteur financier.

"Cela peut être perçu comme un signe qu'UBS va finalement séparer ses activités, ce qui marque un virage à 180 degrés avec les déclarations précédentes", souligne Dirk Becker chez Landsbanki Kepler.

Toutefois, le président du conseil d'administration du groupe, Peter Kurer, a souligné qu'il était "hors de question" de vendre l'activité de banque d'investissement "pour l'instant". UBS elle-même n'est pas à vendre et n'a reçu aucune offre formelle approchant la valeur actionnariale du groupe, a-t-il ajouté.

Sur le marché boursier suisse, le titre UBS signe la meilleure performance des valeurs vedettes helvétiques avec une progression de 2,24% en milieu de matinée, alors que le SMI .SSMI cédait 0,56%.

L'action avait déjà gagné de plus de 18% lors des cinq dernières séances sur des spéculations de scission des activités de gestion de fortune et de banque d'investissement.

PERTE PLUS LOURDE QUE PREVU AU T2

La perspective de la réorganisation occulte ainsi en partie les résultats peu glorieux du deuxième trimestre: la période avril-juin se solde par une perte nette de 358 millions de francs suisses (221 millions d'euros) alors que les marchés en attendaient 273 millions en moyenne.

Le groupe avait annoncé début juillet qu'il prévoyait pour la période des résultats "susceptibles d'atteindre ou de rester légèrement en retrait du seuil de rentabilité" grâce à une plus-value fiscale.

Les dépréciations liées à des titres en rapport avec l'immobilier résidentiel aux Etats-Unis et d'autres positions de crédit ont atteint 5,1 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros), précise l'établissement dans son communiqué. Les analystes anticipaient entre quatre et huit milliards de dollars.

La restructuration devrait être finalisée d'ici la fin 2009, pour autant que la Commission fédérale des banques (CFB) donne son aval. Elle se fera sans l'actuel directeur financier, Marco Suter, qui sera remplacé par John Cryan dès le 1er septembre.

Quatre nouveaux candidats pour le conseil d'administration seront présentés à l'occasion de l'assemblée générale extraordinaire du 2 octobre. Parmi eux figure Bruno Gehrig, président de Swiss Life Holding SLHN.VX.

HEMORRAGIE DE CAPITAUX

Ces remaniements interviennent alors qu'UBS a essuyé une véritable hémorragie de capitaux, enregistrant au deuxième trimestre des sorties nettes de 17,3 milliards de francs suisses dans son activité de gestion de fortune et de 24,5 milliards de francs dans la gestion d'actifs.

Les marchés anticipaient des sorties nettes de capitaux de cinq milliards dans la gestion de fortune alors que lors du premier trimestre, UBS avait encore réussi à attirer 34 milliards de francs.

"Nous devrions avoir atteint le creux de la vague", a espéré Peter Kurer lors de la téléconférence, même si la banque ne prévoit pour le second semestre aucune amélioration des tendances économiques actuelles et de la mauvaise orientation des marchés financiers qui ont affecté les résultats du deuxième trimestre.

Pour Dirk Becker, "les activités catastrophiques de la banque d'investissement ont à présent infecté la gestion de fortune".

Andreas Venditti, de BCZ, note pour sa part que que les positions à risque représentent encore 48,2 milliards de dollars.

Alors que le rendement des fonds propres a affiché un taux négatif de 85,7%, le coefficient d'exploitation a explosé, atteignant 200,7%. Toutefois, le ratio Tier 1 s'est redressé à 11,6% fin juin contre 6,9% trois mois plus tôt, grâce aux augmentations de capital bouclées avec succès.

"Nous n'attendons plus de perte trimestrielle et donc plus de nouvelle augmentation de capital avec la réduction des actifs toxiques", souligne Dirk Becker. /PS/SK

Pascal Schmuck, édité par Marc Angrand

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